L’Union française des semenciers (UFS), dont l’assemblée générale s’est tenue le 21 novembre, a exposé sa contribution aux États généraux de l’alimentation. Souhaitant rester dans la course à l’innovation, elle défend huit propositions « en faveur d’une agriculture et d’une alimentation souveraines, saines et durables ».
La diversité des entreprises semencières est « source d’innovation variétale et créatrice de valeur pour les filières agricoles et alimentaires », assure Franck Berger, président de l'Union française des semenciers (UFS) dans un communiqué. « Le maintien de leur compétitivité et de leur effort de recherche, en lien avec le secteur public, doit permettre de contribuer aux nouveaux défis de l’agriculture et de la société. » Lors de son assemblée générale le 21 novembre, l'UFS a présenté comment l'amélioration des plantes peut contribuer à « une agriculture et une alimentation souveraines, saines et durables » dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation.
Deux propositions s’articulent autour des semences et de l’innovation variétale, créatrices de valeur ajoutée et sources de réussite à l’international. Il s’agit de soutenir la compétitivité de la production de semences, via la R & D sur des techniques d’irrigation économes et efficientes, le stockage de l’eau. L’UFS réclame aussi le même accès aux phytos dans toute l’UE, un déploiement d’Ecophyto qui n’aboutisse pas à des impasses techniques. Pour conforter son rang de premier exportateur mondial de semences, le secteur demande entre autres un accompagnement des entreprises à l’international, en s’organisant pour lever les barrières douanières et phytosanitaires, en développant un service d’information gratuit sur les exigences des pays tiers.
Utiliser la taxe sur l’artificialisation des sols
Deux propositions concernent le maintien et le développement de la biodiversité. L’une vise à compléter l’engagement des opérateurs privés par un soutien politique et financier renforcé des pouvoirs publics aux réseaux de conservation des ressources phytogénétiques. L’autre consiste à renforcer le « soutien de l’État aux acteurs publics et privés afin que ces derniers continuent à maintenir au catalogue officiel les variétés anciennes cultivées traditionnellement et tombées dans le domaine public, les variétés menacées d’érosion génétique et les variétés crées pour répondre à des conditions de culture particulières ». Pour le financement complémentaire de ces deux propositions, l’UFS propose d’utiliser la taxe sur l’artificialisation des sols que Nicolas Hulot projette d’instaurer.
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Permettre l’accès aux méthodes récentes d’amélioration des plantes
Les autres propositions visent à renforcer les actions de recherche fondamentale et appliquée. Cela peut passer par « le développement de grands programmes de recherche public-privé, les Programmes d’investissements d’avenir », avance l’UFS. Concernant la recherche publique, l’effort doit être poursuivi sur une méthode d’édition de gènes « open source », la sélection génomique, de nouvelles stratégies de lutte génétique contre les pathogènes, l’amélioration variétale des espèces orphelines, selon elle.
L’UFS propose aussi de « permettre l’accès aux méthodes récentes d’amélioration des plantes : encourager et encadrer l’innovation sans la bloquer ». « Nous considérons que la législation en place dans l’UE suffit pour réglementer les variétés issues de ces méthodes récentes. Pour la plupart, les plantes issues des méthodes récentes d’amélioration ne sont pas des OGM car elles ne contiennent pas de gènes provenant d’une autre espèce », précise-t-elle. Enfin, le syndicat conseille de « préparer les métiers de demain et mobiliser les compétences ».
L’UFS réclame le même accès aux phytos dans toute l’Union européenne