La commission des Affaires économiques du Sénat invite l’exécutif à « ne pas oublier l’agriculture dans le plan de relance en construction », d’après une note publiée le 4 juin par sa cellule de suivi agricole. « Nos voisins et concurrents ont déjà ou sont en train de mettre en œuvre des plans de relance dédiés à leur secteur agricole. La France ne l’a pas encore envisagé. C’est une erreur stratégique majeure », peut-on y lire. Cette absence de réponse « accroîtrait le différentiel de compétitivité entre les États » et risquerait de provoquer « une dépendance plus forte aux importations », prévient un communiqué du 5 juin.
Les parlementaires plaident pour un plan doté d’un milliard d’euros, « a minima ». Ce montant correspond, d’après la Coméco, aux pertes cumulées des filières agricoles les plus touchées par la crise sanitaire. Les élus proposent un mécanisme inspiré des Pays-Bas : couvrir 50 % des pertes de production dès que celles-ci dépassent 30 % par rapport à l’année précédente.
Plus largement, le plan proposé par les sénateurs comporte 12 mesures (exonérations et défiscalisations diverses, promotion des produits, etc.), regroupées en quatre axes : sortie de crise, investissement dans la transition, commande publique et réforme de la Pac. À l’unisson de la profession agricole, les parlementaires veulent « faire de la commande publique un levier pour la valorisation des productions françaises ». La Coméco propose, à court terme, de renégocier les contrats « pour permettre l’écoulement des denrées stockées et congelées prioritairement ». « À long terme, il apparaît primordial d’enclencher une négociation européenne pour faciliter la possibilité de confier une partie des lots sous critère géographique », estiment les sénateurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
D’après la note, « la relance doit aussi permettre d’accélérer l’évolution déjà en cours de notre modèle agricole. » Les élus suggèrent de favoriser fiscalement de nombreux investissements dans les exploitations (réduction des risques climatiques et sanitaires, bien-être animal, compétitivité, réduction des phytos). Enfin, les sénateurs veulent « mettre en place, en partenariat avec les professionnels, un fonds de soutien à la capitalisation des coopératives ».
Une absence de réponse « accroîtrait le différentiel de compétitivité entre les États »