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UE/Produits laitiers Les signaux sont au vert pour 2011, selon l’industrie

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L’année 2011 devrait connaître un développement stable voire soutenu des prix. Les exportations dans les premiers mois de 2011 sont considérées comme favorables, notamment pour la poudre de lait. Pour la plupart des catégories de produits, les contrats à long terme présentent des prix plus élevés que pour l’année 2010. C’est en tout cas ce que prévoit l’Association européenne des industries laitières (EDA) dans une note qu’elle vient de publier sur l’évolution du marché des produits laitiers en Europe pour 2011. Pour les auteurs de l’étude, « rien ne laisse prévoir pour 2011 un effondrement de la demande en produits laitiers sur le marché mondial ».

Selon la dernière étude de l’Association européenne des industries laitières (EDA) sur l’évolution du marché des produits laitiers, beaucoup de signaux indiqueraient que début 2011 les prix du lait pourraient rester à un niveau élevé suite à la reprise rapide et inattendue du marché du lait en 2010. Grâce à une production laitière qui devrait légèrement augmenter, le secteur laitier européen devrait disposer d’une offre plus importante pour le marché mondial. Ce dernier pourrait absorber des quantités importantes si bien que la réduction des stocks de lait écrémé en poudre (LEP) pourrait se poursuivre. Les quantités de lait supplémentaires ont été écoulées tout d’abord via des exportations plus importantes mais également grâce à une consommation qui a légèrement augmenté. Ainsi, des stocks de l’année 2010 ont pu être écoulés. Par ailleurs tout porte à croire qu’en 2011, il y aurait plus de livraisons de lait dans l’UE, comme cela a déjà été le cas en 2010 (la production laitière a augmenté de 1,2% dans l’UE en 2010). Pour 2011, une nouvelle augmentation d’un peu plus de 1% est probable. Les facteurs décisifs en termes de production laitière sont en premier lieu les recettes des producteurs de lait, les quotas disponibles et les conditions climatiques.

Record historique pour les exportations de fromage
Selon la note de EDA on pourrait s’attendre à une nouvelle hausse de la production de fromage dans l’UE en 2011. L’ampleur de cette hausse dépendra largement des capacités d’absorption du marché mondial. En 2010, 100 000 tonnes de fromage de plus qu’en 2009 ont été produites dans l’UE. Environ 2/3 de ces quantités supplémentaires ont été écoulées en dehors de l’UE. Il est peu probable que l’on assiste en 2011 à une hausse des exportations aussi forte qu’en 2010. La production, la consommation et les exportations sur le marché mondial ont enregistré une augmentation. C’est pour les exportations que l’on constate le taux d’augmentation le plus élevé. Les exportations de fromage de l’UE ont atteint un record historique en 2010 et la barre des 600 000 tonnes aurait clairement été dépassée pour la première fois. Le marché russe est de loin le plus grand débouché pour l’UE. Rien que pour les neuf premiers mois de 2010, la Russie a reçu 40 000 tonnes de plus qu’en 2009 pendant la même période. En revanche, la consommation dans l’UE n’a que légèrement augmenté.

Baisse de l’offre de beurre sur le marché mondial
Depuis 2008, les exportations de beurre se sont situées à un niveau très bas, plusieurs années de suite, mais le marché est resté en grande partie équilibré. Même pendant la crise des prix du lait en 2009, les stocks de lait qui se sont formés ont été moindres et ils ont été écoulés déjà pendant 2010. La baisse des excédents d’exportation a entraîné une hausse des prix. Les prix du beurre ont ainsi atteint en moyenne pour 2010 leur plus haut niveau depuis 1999 et se sont donc fortement éloignés de la valeur d’intervention. Le beurre est le seul produit laitier qui en 2010 a été mieux évalué qu’en 2007 et 2008. Dans l’UE, mais aussi sur le marché mondial, l’offre de beurre a plutôt baissé au cours des dernières années car la matière grasse du lait est de plus en plus utilisée pour le fromage et la poudre de lait entier. On attend pour 2011 une situation équilibrée sur le marché du beurre dans l’UE. La production ne devrait pas augmenter. Contrairement à 2010, l’on ne pourra pas avoir recours aux stocks pour compléter l’offre. Même si la consommation devait baisser du fait de la hausse des prix, l’offre pour le marché mondial devrait, dans ces conditions, être encore plus faible qu’en 2010. Les prix élevés constituent un certain risque de marché. Cela pourrait entraîner une substitution par des graisses végétales. Le prix des graisses végétales a certes augmenté mais la différence de prix entre les graisses végétales et la matière grasse laitière atteint un niveau record.

Les exportations de LEP pourraient augmenter
Si en 2011 l’offre en poudre de lait entier est limitée sur le marché mondial (un pronostic fondé sur la forte demande, notamment de la Chine, et qui n’est pas improbable du fait d’une production de lait moindre en Nouvelle Zélande à cause de la sécheresse), la demande en produits européens devrait croître. Cette demande ne pourra être couverte que si la production est augmentée. Le marché du LEP dans l’UE devrait en 2011 être marqué par une légère baisse de production et des exportations plus importantes par rapport à l’année passée. Dans ces conditions, il y aura de nouveau une réduction des stocks publics. Bruxelles a prévu et réservé quelque 90 000 tonnes fin 2010 sur les 195 118 tonnes encore présentes dans les stocks d’intervention pour l’aide aux personnes les plus démunies. De plus, d’autres quantités doivent être vendues par procédure d’adjudication. L’UE a pu en 2010 écouler beaucoup plus de LEP sur le marché mondial que lors de l’année précédente. Les exportations, à hauteur de 370 000 tonnes, ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 10 ans. L’Algérie et la Russie ont constitué les plus grands débouchés. De plus, un grand nombre de pays d’Asie du Sud et de pays exportateurs de pétrole ont importé beaucoup plus de LEP en 2010 qu’en 2009. La production de LEP devrait continuer de baisser dans l’UE en 2011 car il faudra utiliser plus de lait pour la fabrication de fromage, de lait entier en poudre et de produits frais. La consommation dans l’UE devrait rester stable voire légèrement augmenter.

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