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OniGC Les silos de maïs ne se vident pas

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Malgré une conjoncture plutôt favorable, le stock de report en maïs s’annonce à 3,2 Mt relativement élevé. Le maïs français n’est pas compétitif sur le marché européen par rapport aux produits d’importation. En plus de cela, les producteurs font de la rétention.

A plus de 170 euros depuis le début de campagne, la tonne de maïs n’aura jamais été aussi chère. Alors que les stocks mondiaux sont très bas et que l’Union européenne a pratiquement vidé ses réserves issues de l’intervention, la France pourrait néanmoins finir la campagne avec un stock de report de 3,2 Mt. L’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures) a confirmé ce chiffre déjà avancé en mars lors de la conférence de presse mensuelle de l’organisation, le 9 avril à Montreuil. Sur la campagne 2006/2007, le stock de report en maïs n’avait pourtant atteint que 1,9 Mt. Et il n’a frôlé les 3 Mt qu’en 1997/1998, une campagne de récolte record, avec près de 17 Mt moissonnées. Le problème ne vient pas du marché intérieur : preuve de son bon fonctionnement, l’OniGC a révisé à la hausse des incorporations en alimentation du bétail, qui sont passées de 3,8 Mt en mars à 4 Mt en avril.

Des clients qui préfèrent les importations des pays tiers

Mais les exportations vers l’Union européenne sont à la traîne. Elles n’atteindraient finalement que 4,37 Mt, contre 4,63 Mt prévues en mars et 5,7 Mt la campagne passée. Les clients de l’Hexagone ont privilégié les produits des pays tiers. « Nous sommes dans des records absolus » concernant les importations de maïs et de sorgho au niveau européen, a souligné Patrice Germain, directeur général adjoint de l’OniGC. En sorgho, les certificats délivrés représentent 4,5 Mt contre 400 000 tonnes seulement en 2006/2007. En maïs, 11 Mt de certificats ont été délivrés depuis le début de campagne, contre 4 Mt seulement à la même époque en 2006/2007. L’Espagne, l’Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas sont les principaux consommateurs et n’hésitent pas à acheter argentin, donc sans garantie d’absence d’OGM. Il faut dire qu’en mars, le maïs départ sud-ouest était au minimum aussi cher que son homologue argentin rendu Lerida, l’une des principales zones consommatrices d’aliments du bétail en Espagne. Une tonne de maïs fob Argentine vaut 230 dollars, auxquels s’ajoutent 30 dollars de fret. Elle arrive en Espagne à 170 voire 180 euros. Pour l’OniGC, l’autorisation donnée le 29 mars dernier par la Commission européenne d’importer du maïs transgénique GA21 devrait contribuer à intensifier les importations.

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Les prix du maïs durablement inférieurs à ceux du blé

A ce manque de compétitivité à l’export, s’ajoutent les réticences à vendre des agriculteurs. Même si les prix sont hauts, ils restent inférieurs à ceux du blé, une nouvelle donne psychologiquement difficile à intégrer. Les producteurs font donc de la rétention. Un certain nombre de lots ont été mis en dépôt dans les coopératives qui n’ont toujours pas la main sur les volumes. Ce qui explique l’absence d’ajustement des prix. Par contraste, en blé, la situation est plus normale. La campagne devrait se clore avec un stock de report de 2,58 Mt, soit un chiffre légèrement plus élevé que les 2,53 Mt de la campagne précédente. L’existence d’un marché à terme efficace semble fortement contribuer à fluidifier les échanges physiques.