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Rapport de la Cnuced Les sociétés transnationales investissent prudemment en agriculture

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Si les investissements étrangers progressent en agriculture, les sociétés transnationales restent encore prudentes dans leurs dépenses, estime un rapport de la Cnuced diffusé le 17 septembre. Pour éviter l’accaparement de terres, l’organisation préconise le développement de l’agriculture sous contrat.

«Pour l’instant, la participation des sociétés transnationales à l’investissement en agriculture est limitée », a expliqué le 15 septembre Fabrice Hatem, économiste à la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), lors d’une conférence de presse « sous embargo » à Paris. Il présentait le rapport 2009 de son organisation sur l’investissement dans le monde, sous-titré Sociétés transnationales, production et développement agricoles. En moyenne, sur la période 2005-2007, les sociétés transnationales ont investi quelque 3,3 milliards de dollars dans l’agriculture, ce qui représente 0,2 % du flux total des investissements étrangers directs (IED). Ceux-ci comprennent essentiellement les dépenses liées à la production et à l’achat de terres. Si ce chiffre est faible en comparaison des sommes reçues dans le secteur agroalimentaire où le flux d’IED est de 50 milliards sur la même période, il reste très supérieur aux investissements sur 1989-1991, évalués à 600 millions de dollars (0,3 % des IED totaux).

Encadrer l’activité des sociétés transnationales
La Cnuced ne donne pas de valeurs sur les deux dernières années, mais le rapport signale l’arrivée de nouveaux acteurs. Il s’agit d’Etats, d’institutions publiques internationales, d’organisations. Ce qui laisse penser que « les IED dans cette industrie pourraient devenir plus importants durant le nouveau millénaire », précise le document. Le rapport signale également le développement des investissements Sud-Sud, à l’image du malais Sime Darby, géant de l’huile de palme, qui a dépensé cette année 800 millions de dollars dans une plantation au Liberia. Compte tenu, notamment, du risque de voir les sociétés transnationales s’approprier des territoires au détriment des populations locales, il faut les « encadrer clairement », a expliqué Fabrice Hatem. Le rapport de la Cnuced recommande donc « d’envisager l’élaboration au niveau international d’un ensemble de principes fondamentaux concernant les acquisitions à grande échelle de terres agricoles par des investisseurs étrangers », précise le communiqué de presse.

L’agriculture sous contrat, une bonne solution
Il n’empêche, les entreprises transnationales sont vitales au développement de l’agriculture de ces pays, où « les investissements publics et domestiques ne sont pas suffisants », a souligné Fabrice Hatem. Selon lui, 30 à 40 milliards de dollars d’investissements supplémentaires dans le domaine agricole seraient nécessaires chaque année pour remplir les objectifs du millénaire visant à réduire l’extrême pauvreté, adoptés en 2000. Plus que les IED, la Cnuced met en avant l’intérêt de l’agriculture sous contrat (contract farming). Ce système permet entre autres de limiter les risques de prise de contrôle de terres par les sociétés transnationales, d’assurer un revenu fixe aux producteurs et de transférer du savoir vers les populations locales. Il est largement répandu, puisque selon les critères de la Cnuced, il est à l’origine de 75 % de la production de volailles brésiliennes, par exemple. Fabrice Hatem a toutefois signalé l’intérêt de « mettre en place un contrat type pour éviter la domination de paysans atomisés par les sociétés transnationales ». Ce qui, en pratique, s’annonce difficile.

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