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Les solutions alternatives aux pesticides de Micropep bientôt aux États-Unis

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Thomas Laurent, Président et fondateur de Micropep Crédits : © Micropep

Spécialisée dans les solutions alternatives aux intrants pétrochimiques dans l’agriculture, Micropep Technologies vient de boucler une levée de fonds, qu’elle compte utiliser pour développer des produits finis à partir des différentes molécules qu’elle a sélectionnées. Viendra ensuite la commercialisation d'abord aux États-Unis, puis en Europe.  

Micropep Technologies, spécialiste des solutions biologiques aux pesticites, vient de finaliser un financement de série A1 de 8,75 millions d’euros, en complément de la levée de fonds de série A de 8,5 millions d’euros réalisée en juillet 2021. L’opération a été menée par le fonds américain Fall Line Capital, spécialiste des investissements à la fois dans les terres et les innovations technologiques agricoles. Tous les actionnaires historiques (Supernova Invest, Sofinnova Partners, FMC Ventures et Irdi Capital Investissement), ont également suivi l’opération.

Issue du Laboratoire de recherche en sciences végétales (CNRS) et de la SATT Toulouse Tech Transfer, Micropep figure dans le peloton de tête des biotech présentent sur le marché des alternatives aux intrants pétrochimiques dans l’agriculture. L’une des particularités de Micropep par rapport à certains de ces concurrents est qu’elle travaille sur des molécules plus petites, donc avec une meilleure pénétrabilité dans les feuilles. Grâce à sa technologie, « Micropep identifie et teste les micro-peptides présentes dans les plantes et qui sont capables de booster leur immunité. Nous travaillons sur deux grandes gammes, les fongicides et les herbicides. On sélectionne les molécules les plus intéressantes sur notre plate-forme, qui va de l’identification à la validation biologique, avant d’entrer ensuite dans une phase de production », explique Thomas Laurent, fondateur de Micropep.

Demande d’homologation aux États-Unis

Maintenant la phase recherche aboutie, la start-up amorce une phase de développement pour transformer ces différentes molécules fonctionnelles en produits finis. « Ceux-ci prendront soit la forme d’un spray liquide, soit d’une bouillie solide à diluer », souligne-t-il. Des molécules qui se dégradent rapidement dans l’environnement et dont il n’a pas été démontré de résistance, contrairement aux pesticides chimiques.

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« Les fonds levés serviront à accélérer la production des protéines sélectionnées, pour ensuite viser la commercialisation, d’abord aux États-Unis où nous allons entamer le processus d’homologation auprès de l’EPA (l’agence de protection de l’environnement américaine, ndlr) », précise le fondateur. En Europe il faut environ quatre ans pour obtenir l’homologation de ces nouveaux intrants, alors qu’il n’en faut que deux aux États-Unis. Les premières homologations de Micropep porteront sur des fongicides, sur lesquels ses recherches sont les plus avancées, prioritairement pour les pommes de terre et les vignes, des cultures à forte valeur ajoutée. Et après les États-Unis, Micropep compte s’attaquer au marché européen.

Une fois ces autorisations de mise sur le marché obtenues, la société devra augmenter sa production pour répondre à la demande. « Nous prévoyons une levée de fonds de série B, vraisemblablement en 2024, pour finaliser les homologations et lancer les premiers produits sur le marché », indique Thomas Laurent.