Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, réunis les 16 et 17 octobre à Bruxelles, ont estimé que l’UE « devrait continuer d’envisager favorablement une reprise rapide des négociations dans le cadre de l’Agenda de Doha pour le développement ». Pour leur part, les 21 dirigeants du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), dont sont notamment membres les Etats-Unis, sont convenus, lors d’un sommet tenu les 20 et 21 octobre à Bangkok, de « relancer » ces pourparlers de l’OMC après l’échec de Cancun, reconnaissant « le besoin urgent de flexibilité et de volonté politique pour (les) faire avancer vers une issue positive ».
Le sommet européen a souligné que, malgré l’échec de Cancun, qui marque un « recul » pour l’Agenda de Doha, l’UE restait, en matière commerciale, « attachée à l’approche multilatérale ». De leur côté, les 21 de l’Apec ont eux aussi affirmé la « primauté » des discussions multilatérales, qui, selon eux, « offrent des avantages réels pour toutes les économies, en particulier les économies émergentes, dans le domaine des réformes agricoles, d’un meilleur accès au marché des biens et services, d’une clarification et d’une amélioration de la discipline commerciale ». Toutefois, de nombreux membres du Forum Asie-Pacifique sont engagés dans la négociation d’accords bilatéraux ou régionaux. L’Apec représente quelque 2,5 milliards d’individus et plus de la moitié des échanges mondiaux.
De passage le 17 octobre à Bruxelles, le secrétaire américain au commerce, Don Evans, a d’ailleurs confirmé que, tout en restant présents à l’OMC, les Etats-Unis comptaient poursuivre « une politique offensive d’accords de libre-échange bilatéraux et régionaux », d’autant que « beaucoup de pays sont prêts à (les) signer ». « Nous n’allons pas attendre indéfiniment ceux qui rechignent à avancer aussi vite que nous », a-t-il dit.
« Abolir » tous les soutiens à l’exportation
À Bangkok, les dirigeants de l’Apec, qui se sont engagés à œuvrer pour une « issue ambitieuse » du cycle de Doha, ont exprimé leur volonté de « travailler à l’abolition de toutes les formes de subventions aux exportations agricoles, ainsi que des restrictions et interdictions injustifiables touchant les exportations ».
À Bruxelles, le sommet européen a demandé à la Commission de « mener une réflexion sur la stratégie de l’UE » et d’« étudier, avec les principaux acteurs de l’OMC, la possibilité de faire avancer l’Agenda de Doha, en soulignant qu’un engagement de toutes les parties est indispensable pour une reprise des négociations ».
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« Ancrer » la réforme de la Pac dans un accord à l’OMC
« Avec une offre considérable (de l’UE) sur la table », rendue possible par la réforme de la Pac en juin dernier, « n ous étions très surpris de voir qu’en particulier les pays en développement, comme le Brésil, n’ont pas saisi cette opportunité (à Cancun) », ont déclaré les présidents des organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), Peter Gaemelke et Marcus H. Borgström, lors de la 31e Conférence de l’agriculture Amérique-Union européenne qui s’est tenue du 19 au 23 octobre à Jerez (Espagne).
« Nous ne croyons pas que l’échec de Cancun devrait nous conduire à dépendre d’accords bilatéraux pour éviter des différends commerciaux. Dans un monde global, nous devons essayer d’aboutir à des accords multilatéraux, partout où c’est possible », ont ajouté MM. Gaemelke et Borgström, soulignant que le Copa et le Cogeca souhaitaient voir les décisions de réforme de la Pac « ancrées » dans un accord de l’OMC.