La filière cidricole va devoir retirer une de ses publicités dans laquelle elle appelait les consommateurs à dire « non aux apéritifs trop forts », suite à un jugement en référé considérant qu’elle dénigrait les spiritueux.
La Fédération française des spiritueux (FFS) a obtenu gain de cause devant le juge des référés du TGI de Paris qui a décidé que la dernière campagne de l’interprofession du cidre (Unicid) dénigrait ses produits.
Au début du mois, la FFS avait assigné l’Unicid pour faire interdire sa dernière campagne de publicité qui, selon la FFS, portait atteinte aux produits de ses adhérents Cf Agra alimentation n° 1 888 du 16 06 05 ,p.19. Cette campagne lancée depuis le 23 mai dans la presse magazine et d’un montant de 900 000 euros en achats d’espace, selon l’Unicid, est intitulée « Le cidre. Changeons pour le naturel », dont l’un des trois visuels a été interdit par le juge des référés (une bouteille d’alcool assimilable à de la tequila ou à du rhum, dans lequel trempe un bout de tissu façon cocktail Molotov).
Le juge a estimé que cette publicité était fautive car « le principe de loyauté qui s’attache à la promotion des produits conduit à considérer qu’est manifestement illicite le dénigrement des alcools forts pour conduire une action de publicité d’une boisson alcoolisée ». Selon l’ordonnance du juge, l’Unicid a huit jours pour modifier sa campagne et renoncer « aux futures publications du visuel publicitaire condamné », à raison d’une astreinte de 2 000 euros par jour de retard.
Appel envisagé
Les deux autres visuels, l’un figurant un liquide s’apparentant à du curaçao bleu dans un grand bol sur le bord duquel est accroché un bloc de produit sanitaire, l’autre dénonçant le caractère outrageusement artificiel de certains cocktails, demeurent autorisés à la diffusion.
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Poursuivie par la FFS, l’Unicid avait dénoncé la manoeuvre d’un acteur industriel puissant désireux de l’empêcher de se positionner sur le fructueux marché des apéritifs. A l’issue du délibéré, elle persistait dans cette analyse en indiquant que cette action avait démontré que « les spiritueux étaient susceptibles quand il s’agissait du territoire des apéritifs », selon un porte-parole.
Dans un communiqué, Philippe Mouton, président de la FFS a réfuté cette argumentation en indiquant « qu’à aucun moment cette campagne n’a été attaquée parce que ses adhérents dénient le droit au cidre de se placer sur le terrain de l’apéritif ». « En revanche, il n’était pas acceptable que les produits de ses adhérents soient ridiculisés, dénigrés, dépréciés comme c’était le cas dans cette campagne», a-t-il ajouté.
L’Unicid, tout en notant que le juge avait refusé d’»étouffer la campagne», envisage de faire appel.