Il aura suffi d'une photo des cadres, des employés et des arboriculteurs dénudés de St Mamet (Gard) abondamment relayée sur les réseaux sociaux (Facebook Sauvons St Mamet) pour que le spécialiste français des fruits en conserve se retrouve sous les projecteurs et mobilise les consommateurs. « En moinsd'un mois, notrepage Face-book a été "vue par 3 millions de personnes. Elle a été "likée" 14 OOOfois. C'est dire que nous avons gagné notre pari, au-delà de toutes nos espérances » explique Joël Derrien, directeur de marketing de cette société installée à Nîmes (siège social) et à Vauvert (unité de production) pour valoriser la production de 150 arboriculteurs du Gard, du Vaucluse, de la Drôme, de l'Hérault et des Bouches-du-Rhône. Si St Mamet a décidé de communiquer de cette manière un peu provoc, c'est que la firme fondée en 1953 est aujourd'hui encore sur la corde raide. Elle a été reprise en octobre dernier à Conserve Italia par le fonds d'investissements Florac, « au bord de la faillite » selon les propres termes de Joël Derrien qui vient de lancer l'invitation à Stéphane Le Foll et Emmanuel Macron de pique-niquer français au verger le 21 mars prochain. En 2015, St Mamet a réalisé un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros, mais la société peine à valoriser ses productions. « C'est le grand défi, d'ici à 2020 : ramener de la valeur ajoutée et surtout développer le courant d'affaires de 20 %par an. Pour cela, nous allons injecter 15 millions d'euros d'investissements sur cinq ans », ajoute Joël Derrien qui met en avant une gamme de 40 nouveaux produits innovants dans le domaine du snacking et des fruits en morceaux sans sucre ajouté.
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Pour 2016, St Mamet se fixe un objectif mesuré : + 5 % de croissance du chiffre d'affaires, a priori sans toucher au périmètre social (600 employés). La firme St Ma-met fait vivre 150 familles de producteurs tous adossés à des contrats d'achat afin de gérer dans la durée les 650 hectares de verger avec l'ambition de les développer sur 200 hectares supplémentaires en agriculture raisonnée. Car Thierry Meynier de Sali-nelle, président de la coopérative agricole Conserve Gard, et Matthieu Lambeaux, le président de St Mamet, font le pari ambitieux de la production française, garante de qualité et de traçabilité sous la pression des prix des concurrents italiens ou espagnols. Le reporting du premier semestre, très attendu, dira si le coup de pub des St Mamet, posant nus derrière une cagette en plein mistral a séduit les acheteurs et les consommateurs.