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Les start-up de l'alimentation n'ont pas encore donné tout leur potentiel

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Évolution de la situation financière des start-up en 2022 par rapport à 2021 Crédits : © Banque de France

La Banque de France vient de publier son dernier rapport annuel sur la situation financière des start-up, tous secteurs confondus. En 2022, l’activité des presque 2500 entreprises retenues dans ce panel affichait une croissance moyenne de 25%, soit deux fois supérieur à celui des TPE et PME françaises.

Comme tous les ans depuis 2020, la Banque de France a publié le 5 octobre 2023 son étude annuelle sur la situation financière des start-up françaises. Un terme qui en France ne recouvre ni une catégorie juridique ni une catégorie statistique, « il n’existe pas d’indicateurs spécifiques pour les start-up », rappelle ainsi Maurice Oms, correspondant national start-up à la direction des entreprises de la Banque de France, en charge de cette étude. Pour sa part, la Banque de France distingue une start-up d’une entreprise traditionnelle lorsqu’elle possède au moins trois grandes caractéristiques : un fort potentiel de croissance, l’usage ou la création d’une technologie nouvelle et un besoin de financement souvent assuré par des levées de fonds. Et dans le cadre de cette étude, « nous retenons deux paramètres pour sélectionner les start-up, à savoir réaliser un chiffre d’affaires supérieur à 750 K€ ou avoir levé plus de 3 millions d’euros », précise Maurice Oms. Pour cette étude annuelle, c’est donc 2445 start-up tous secteurs confondus dont les bilans ont ainsi été passé au crible.  

Le chiffre d’affaires de ce panel a atteint 21,7 milliards d’euros l’an dernier, représentant une progression moyenne de 25% « soit un taux deux fois supérieur à celui des TPE et PME françaises », selon la Banque de France, accompagné d’une augmentation de 21% des effectifs. Globalement, « les levées de fonds record de 2022 ont été largement investies dans la croissance », détaille l’étude et « bien qu’il y ait eu une forte croissance d’activité, les start-up ont préservé leur trésorerie active mais les pertes d’exploitation se creusent ».

Un contexte économique plus compliqué en 2023

Cette hausse de l’activité est variable selon les secteurs (1), la palme revenant aux start-up de la Greentech dont le chiffre d’affaires cumulé atteint 3,2 milliards d’euros en 2022, soit une croissance de 40%. « Ce sont surtout les start-up proposant la production ou la fourniture d’énergies vertes qui ont vu leur chiffre d’affaires augmenter très sensiblement en raison des tensions sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz », souligne l’étude. Les entreprises de la Deeptech, qui englobe notamment les sociétés travaillant dans le domaine des insectes, comme Ynsect, mais aussi des start-up dans la robotique, les semi-conducteurs, les matériaux composites ou les nano-satellites, affichent un taux de croissance de leur chiffre d’affaires de 28 %. Enfin, les start-up de l’alimentation sont un peu en dessous de la moyenne, avec une progression moyenne de 21% de leur chiffre d’affaires. « Ce secteur a un large potentiel avec des chiffre d’affaires encore peu signifiants au regard des enjeux sociétaux », estime les analystes de la Banque de France.

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Globalement, les anticipations de levées de fonds pour 2023 sont moins optimistes en raison d’un contexte économique plus compliqué. « Une baisse en valeur des levées de fonds de près de 50% est constatée entre le premier semestre 2023 et le premier semestre de 2022. Les levées de fonds s’orientent désormais davantage vers les start-up qui sont dans les premières phases de leur développement ou vers l’innovation de rupture », relève ainsi les analystes de la Banque de France. Pour autant, « l’offre des start-up répond à un besoin de marché et cela ne devrait pas changer en 2023, estime Maurice Oms. Certaines start-up sont résilientes et les dirigeants vont s’adapter à un environnement plus difficile ». Sans compter que la France ne manque pas d’initiatives pour soutenir le développement des start-up, a rappelé l’institution, qu’il s’agisse du programme de la French Tech 2023 ou de l’initiative Tibi2, sans parler des dispositifs de la Banque européenne d’investissement.

(1) Les 12 secteurs d’activité retenus par la Banque de France : Santé, Marketing Digital, Alimentation, Tourisme Loisirs, Fintech, E-commerce, Software, IOT Hardware, Deeptech Industrie, RH Education, Mobilité et Greentech.