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Les start-up FoodTech françaises ont levé 260 M€ sur les neuf premiers mois de 2024

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Le montants des investissements réalisés chaque trimestre depuis début 2023 Crédits : © DigitalFoodLab

Selon le cabinet de conseil en stratégie DigitalFoodLab, les start-up de la FoodTech française ont levé 260 M€ sur les neuf premiers mois de l’année et devraient arriver à un total de 350 M€ sur l’ensemble de 2024. Ceci marquerait une baisse des investissements de 51% par rapport à 2023.

DigitalFoodLab a publié le 21 octobre 2024 son dernier rapport sur les investissements dans les start-up de la FoodTech française de 2014 à la fin du troisième trimestre 2024. Le cabinet de conseil en stratégie, cofondé par Matthieu Vincent a concentré son analyse sur les 18 derniers mois afin de comprendre « ce qu'ils peuvent nous dire sur l'évolution de l'écosystème français de l'innovation alimentaire », précise-t-il en préambule.

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Sur les neuf premiers mois de 2024, les start-up FoodTech françaises ont levé 260 M€ « et nous estimons qu'elles lèveront environ 350 M€ d'ici la fin de l'année », indique le cabinet, soit un niveau inférieur à celui réalisé en 2019 (411 M€). DigitalFoodLab estime qu'après être resté à un niveau élevé en 2023, avec un total de 122 transactions, leur nombre pourrait baisser autour de 70 cette année.

Et si les prévisions annuelles de DigitalFoodLab se réalisent, les investissements réalisés en France en 2024 dans les start-up de la Foodtech marqueraient une baisse de 51 % par rapport à 2023 et de 68 % par rapport à 2022, « la meilleure année jamais enregistrée par l'écosystème », rappelle le rapport. En Europe, toujours sur les neuf premiers mois de 2024, la France et le Royaume-Uni, « deux écosystèmes assez comparables en taille et en structure » font donc pâle figure, note DigitalFoodLab, ce qui n’est pas le cas d’autres écosystèmes européens de premier plan, notamment « l'Allemagne et les Pays-Bas, qui connaissent (à nouveau) une augmentation des investissements dans les start-up de livraison », est-il précisé.

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En manque d'une locomotive

DigitalFoodLab estime assez inattendu ce déclin actuel en France « car l'écosystème est fortement axé sur les start-up B2B, notamment dans les domaines de l'AgTech et de la science alimentaire, deux domaines qui se portent bien au niveau mondial », explique-il. Cette situation s’explique néanmoins par l’absence de « locomotive » (la situation d’Ynsect n’aidant pas) et de « méga-opérations » (supérieure à 100 M€) au cours des 18 derniers mois.

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Par ailleurs, la forte baisse des opérations d'amorçage et de série A (dans les jeunes entreprises), ainsi que la diminution globale du nombre d'opérations, sont des signes inquiétants. « Ils donnent l'image d'investisseurs manquant de confiance dans le potentiel à long terme des start-up françaises à produire des résultats (et à attirer des acquéreurs) », estiment les experts. De fait, un faible niveau d’investissement dans les start-up en phase d'amorçage pourrait avoir des implications sur l'avenir de l'écosystème français de la FoodTech. 

Selon DigitalFoodLab, l'écosystème français semble avoir un « retard » d’environ 1 an par rapport à ce qui s’est passé dans le reste du monde en termes d’investissements. En effet, la plupart des écosystèmes ont atteint un pic de financement en 2021, puis ont connu un déclin et une stabilisation, alors que dans le FoodTech française le point culminant a été atteint en 2022. « Il est possible qu'il ait atteint son point bas au deuxième trimestre de cette année. A partir de là, on pourrait s'attendre à une stabilisation et à une éventuelle augmentation des financements en 2025 ou 2026 si le rebond observé ailleurs se confirme », détaillent les experts.