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Sécurité alimentaire Les steaks hachés Chantegril auraient été contaminés à la fabrication

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La direction scientifique de Soviba a confirmé l’hypothèse d’une « contamination ponctuelle et accidentelle » des lots de steaks hachés surgelés vendus sous la marque Chantegril dans les supermarchés E. Leclerc, à l’origine d’une intoxication alimentaire chez plus d’une vingtaine de personnes. La bactérie eschérichia Coli, présente généralement dans les viscères des bêtes abattues, aurait contaminé des parties de muscle tranformées en trois lots de 30 tonnes de steak haché au total, à destination exclusive des Centres E. Leclerc. Le troisième distributeur français affirmait le 2 novembre qu’environ 95 % des personnes ayant acheté ces produits ont été repérées et que 13 000 paquets restaient à récupérer. Michel-Edouard Leclerc a également annoncé avoir suspendu ses achats auprès de Soviba (groupe Terrena), troisième acteur du secteur de la transformation de viande, qui emploie au total 2 325 personnes, pour un chiffre d’affaires total de 419 millions d’euros en 2004.

Une contamination « ponctuelle et accidentelle ». Pour expliquer la contamination des trois lots de steaks hachés Chantegril distribués par les Centres E Leclerc du Sud-ouest, Olivier Kriegk, directeur scientifique de Soviba au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), a mis en cause directement le processus de transformation de viande opérée dans sa société. Les résultats des tests effectués sur le dernier lot incriminé confirment ainsi les hypothèses échafaudées par Soviba comme par les Centres E. Leclerc : la bactérie eschérichia Coli a contaminé trois lots de steaks hachés de la marque Chantegril lors de leur fabrication au sein de l’usine Soviba du Lion-d’Angers.

Le 2 novembre au soir, 26 cas d’intoxication alimentaire liés à la consommation de ces steaks hachés vendus surgelés étaient recensés dans le Sud-Ouest par l’Institut national de veille sanitaire. Les treize cas de syndrome hémolytique et urémique et les treize autres de gastro–entérite aigüe avec diarrhée sanglante concernent des enfants de 15 mois à neuf ans dans leur quasi-totalité. L’état d’une petite victime de 6 ans, admise au service le 22 octobre au service de réanimation pédiatrique du CHU de Pau, a nécessité sa mise sous « coma artificiel ».

30 tonnes de marchandises contaminées

Alerté le 27 octobre par la Direction générale de l’alimentation de différentes intoxications, le groupement des Centres E. Leclerc a mis en place un vaste plan de communication pour informer sa clientèle et tenter de sensibiliser les potentiels acheteurs. Au total, les lots contaminés représentent 30 tonnes de marchandises (300 000 steaks hachés) et n’ont été diffusés que dans les Centres E. Leclerc sous la marque Repère (MDD) Chantegril.

Le groupement de distributeurs a mobilisé 750 personnes pour contacter les personnes ayant acheté ce produit qui se répartissent sur 19 départements du Sud-ouest. Le groupe affirmait le 2 novembre qu’ « environ 95 % d’entre elles ont été repérées et que 13 000 paquets restaient à récupérer ». « On se donne pour objectif de ramasser les derniers produits d’ici la fin de la semaine ou au plus tard en début de semaine » avait par ailleurs indiqué Michel Edouard Leclerc, président des supermarchés E. Leclerc.

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Au Portugal et en Espagne, où « un nombre marginal » de boîtes de steaks a été commercialisé, des opérations de retrait et de rappel ont également été lancées.

Leclerc suspend ses achats

Grâce aux nouvelles exigences de traçabilité rendues obligatoires dans l’Union européenne début 2005, l’hypothèse de rupture de chaîne du froid ou d’une fausse certification de la viande incriminée a rapidement été écartée. La source de l’intoxication semblant se situer chez le fournisseur des Centres E. Leclerc, la Direction des services vétérinaires effectue actuellement une enquête plus large au sein de Soviba, numéro trois français du secteur de la transformation de la viande derrière Bigard, Charal et Socopa.

De son côté, Michel-Edouard Leclerc indique sur son blog avoir « fait suspendre les achats à cette société », et ajoutant « avoir conscience que l’emploi des salariés peut être sérieusement impacté», il explique « qu’il nous faut savoir s’il y a eu faute ou erreur (et action correctrice) avant toute reprise. C’est un minimum ». Filière viande du groupe coopératif Terrena, basé à Ancenis (Loire-Atlantique), Soviba, qui fournit d’autres enseignes de grande distribution et de restauration collective, emploie au total 2.325 personnes, pour un chiffre d’affaires total de 419 millions d’euros en 2004. En situation de crise, le groupe explique qu’il est pour l’instant « très difficile de calculer l’impact économique d’une rupture de contrat de la part des établissements E. Leclerc. »