En dépit de l’ouverture d’une distillation de crise de près de six millions d’hl, environ 180 millions d’hl de vins devraient se trouver en stock dans l’UE-25 à la fin de la campagne 2004/05, selon le dernier bilan établi par Bruxelles. Un volume très important, qui est supérieur de près de 49 M d’hl au niveau estimé de la consommation humaine en 2004/05 (131,3 M d’hl). Ces chiffres très alarmants seront sans doute au centre des réflexions que la Commission européenne veut lancer en septembre en vue de réformer l’organisation commune du marché du vin.
L’objectif de la Commission est de parvenir à réforme l’OCM vin avant le début de la campagne 2006/07. Ses propositions sont probablement présentées au Conseil des ministres de l’UE entre juillet et septembre 2006. Elles seront précédées d’une communication au début de l’année prochaine et d’une grande conférence qui regroupera divers acteurs de la filière en septembre prochain. Plusieurs études d’impact sont également attendues dans le courant du second semestre de cette année. Deux options sont à ce stade évoquées à Bruxelles pour réformer l’OCM vin. La première, très radicale, consisterait à ne plus financer les distillations, sauf pour l’alcool de bouche, et à se servir des fonds épargnés pour entreprendre des actions de promotion et mettre en place des programmes de reconversion dans les zones viticoles. La seconde voie explorée vise à prévoir un système de distillation régionalisé impliquant les organisations de producteurs.
Hausse de la consommation dans l’UE-25
L’arrivée des dix nouveaux États membres aura une incidence relativement faible en termes de production totale. Ces derniers en effet n’ont représenté que 3 % de la production communautaire de vin qui s’est élevée l’an dernier à 194,4 M d’hl. Les prévisions de consommation sont en revanche plus optimistes dans l’UE-25 en 2004/05, à savoir : 34,75 litres par tête contre 32 litres en 2003/04 dans l’UE-15.
Les exportations communautaires de l’UE-25 durant la campagne 2004/05 sont prévues à 12,1 M d’hl réparties de manière égale entre vin de qualité et vins de table, contre 13,4 M d’hl en 2003/04 pour l’UE-15. Cette baisse de plus d’un million d’hl est due essentiellement aux vins de table. Quant aux échanges intracommunautaires, ils passeraient de 37,1 M d’hl dans l’UE-15 en 2003/04 à 38,8 M d’hl en 2004/05 dans l’UE-25.
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Les importations communautaires continueraient à progresser en 2004/05. Elles s’établiraient à 12 M d’hl dans l’UE-25 contre 10,9 M d’hl en 2003/04 dans l’UE-15.
En 2004, l’UE-15 a exporté 13,7 millions d’hl, soit une progression de 8 % par rapport à 2003 et 2002. Les premiers clients de l’UE ont été les Etats-Unis (3,9 M d’hl), la Suisse (1,5 M d’hl), le Japon (1,3 M d’hl) et le Canada (1,1 M d’hl).
Quant aux importations de vins des pays tiers vers l’UE, elles ont commencé à fortement progresser à partir de 2001, année où elles se sont élevées à 8,8 M d’hl contre 5,5 M d’hl quatre ans plus tôt. En 2004, les importations ont atteint 11,6 M d’hl, soit près de 15 % de plus qu’en 2003. En 2004, l’Australie, le Chili, les Etats-Unis et l’Afrique du Sud ont été les principaux fournisseurs extérieurs du marché européen avec des volumes de respectivement 2,9 M d’hl, 2,3 M d’hl, 2, 1 M d’hl et 2,1 M d’hl.