Au 3 mai, les élevages français comptaient 8 900 jeunes bovins allaitants en trop par rapport à une année " normale ", a annoncé l’Idele (Institut de l’élevage) lors d’un webinaire le 7 mai. « Il y a quatre jours d’abattage de retard », précise Philippe Chotteau, chef du service Économie de l’institut. Ce niveau de sur-stock reste « relativement raisonnable », tempère-t-il. Mais il pourrait toutefois devenir « préoccupant », car il a « tendance à grossir d’une semaine sur l’autre » : au 19 avril, il était de 4 900 bêtes.
« La viande issue de ces JB (jeunes bovins, NDLR) est très majoritairement exportée », explique M. Chotteau. Or, « les marchés de la viande sont très dégradés un peu partout en Europe », notamment dans des pays fortement exportateurs comme la Pologne, constate Germain Milet, en charge de la viande bovine à l’Idele. En Italie, le marché de la viande résiste encore, mais les exportations de viande française y font face à une concurrence accrue de la viande irlandaise… et des broutards français.
En broutards justement, les cours « ne sont pas franchement dégradés et « plutôt dans les clous de la hausse saisonnière », constate Germain Milet. Une stabilité qui s’explique par une « offre de broutards très limitée en France » et parce que « le marché italien tient ». Avec 18 500 bovins français exportés chaque semaine vers l’Italie entre les semaines 11 à 18, les envois sont « réguliers et équivalents à 2019 ». Vers l’Espagne, au contraire, ils sont « chaotiques et en baisse », à 7 900 animaux par semaine. De l’autre côté des Pyrénées, le marché de la viande s’est effondré et les opérateurs demandent des baisses de prix « difficiles à satisfaire dans un marché français qui se tient », d’après l’Idele.
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En revanche, en France, « le marché des femelles est lourd » et les cotations baissent pour toutes les catégories en semaine 18. Plus touchées, les vaches O (laitières) voient leur prix reculer de 8 % par rapport à 2019 à 2,98 €/kgéc. Les femelles allaitantes (U) se tiennent mieux à -2 % (4,37 €/kgéc). Sur les semaines 14 à 18, les abattages de réformes laitières ont été en légère hausse (+3 %/2019) quand les abattages de réformes allaitantes ont reflué (-6 %) », constate l’Idele.
Cours des broutards « pas franchement dégradés », mais « marché des femelles lourd »