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Les sucriers portés par la hausse des prix

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Les sucriers Cristal Union (Daddy) et Tereos (Béghin Say) ont présenté les résultats annuels 2022/2023 de leur groupe respectif. Tous deux affichent un chiffre d’affaires en hausse, porté par la hausse des prix du sucre et de l’éthanol, qui leurs permettent de proposer des rémunérations « attractives ».

« Nous avons retrouvé le chemin de la croissance », s’est réjoui le président du conseil d’administration de Tereos (Béghin Say), Gérard Clay, lors d’une conférence de presse le 1er juin. « La stratégie de relance engagée fin 2021 a porté ses fruits ». À l’époque, le groupe décide d’abandonner « la stratégie des volumes, qui s’est avérée destructrice ces dernières années » alors qu’il traverse une grave crise de gouvernance, retrace Olivier Leducq, directeur commerce pour le groupe. Pour l’exercice 2022/2023, le chiffre d’affaires (CA) du groupe sucrier s’élève à 6 d€, en hausse de 29 % par rapport à l’année passée.

Quatre jours plus tard, c’est au tour d’Olivier de Bohan, président du conseil d’administration de Cristal Union (Daddy), de faire un constat similaire, à l’occasion d’une conférence de presse sur les résultats annuels 2022/2023 du groupe: « la betterave sucrière a confirmé sa capacité de résistance, malgré une campagne affectée par les aléas climatiques ». Le chiffre d’affaires du groupe coopératif progresse de 30 % et s’élève à 2,3 Md €.

Pour les deux entreprises sucrières, le CA a été tiré par la hausse des prix du sucre, du bioéthanol et des alcools, alors que l’effet volume a été quasiment nul. « Le bilan mondial déficitaire tire les prix du sucre vers le haut avec des niveaux très élevés, au plus haut depuis douze ans », souligne Stanislas Bouchard, d.g. adjoint de Cristal Union. En Europe, la tonne de sucre est ainsi passée en un an « de 420 €/t à 800 €/t ».

Une rémunération en forte hausse

« Fort de ses résultats en progression, Cristal Union peut assurer à ses coopérateurs une rémunération en forte hausse, à 43,40 euros la tonne de betteraves en moyenne pour la campagne 2022, et un objectif de prix de 45 euros pour 2023 », souligne un communiqué du groupe. « Aujourd’hui, la betterave est redevenue compétitive et elle ne subira pas l’effet ciseau tant redouté par les agriculteurs » s’est réjoui Olivier de Bohan.

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De son côté, le directeur commercial de Tereos, Olivier Leducq, estime que « le sucre a su tirer son épingle du jeu » et que « la demande n’a pas baissé ». Pour le prochain exercice, il prédit d’ailleurs des niveaux de prix qui « devraient rester élevés ». Dans un communiqué, le sucrier précise être en mesure de proposer « une rémunération agricole attractive, à des niveaux jamais atteints pour la betterave passant de 29,90 €/t à 41,61/t ». Dès l’année prochaine, le groupe versera 2 € de dividende par part sociale, correspondant à une tonne de betteraves engagées en 2023.

Par ailleurs, les deux sucriers – qui figurent parmi les cinquante industries les plus polluantes de France – disent poursuivre la décarbonation de leurs activités. Ainsi, Tereos s’est fixé l’objectif de réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre dans ses sites sucriers et amidonniers européens d’ici 2032. Pour ce faire, le groupe a décidé d’investir 500 M€ en huit ans, hors aides publiques.

Quant à Cristal Union, il souhaite réduire de 35 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’année 2015. Par ailleurs, il vise « l’autonomie énergétique de ses sucreries d’ici 2050 ». Pour ce faire, le groupe compte sur la combustion « de la biomasse apportée par les pulpes de betterave », selon les mots de Xavier Astolfi, d.g. de Cristal Union. « Mais pour faire avancer ce projet, nous avons besoin d’être accompagné d’un point de vue financier et réglementaire », a reconnu le président du conseil administratif de Cristal Union, Olivier de Bohan. Sur un seul site, l’investissement se chiffre « en plusieurs centaines de millions d’euros », et correspondrait peu ou prou à « deux voire trois années d’investissement » du groupe, selon Cristal Union.

Les sucriers proposent une rémunération en forte hausse