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Céréales Les surfaces de sorgho doivent progresser pour que les débouchés se consolident

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Si les surfaces de sorgho ont bondi en 2009 du fait de difficultés climatiques sur les cultures d’hiver, elles restent encore trop faibles pour permettre une pérennisation des débouchés en alimentation animale. Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 18 février, des spécialistes ont fait le point sur cette production.

«En 2009, les surfaces de sorgho ont progressé de 20 000 hectares par rapport à 2008, à 57 000 ha », a indiqué Jean-Luc Verdier, ingénieur chez Arvalis, à l’occasion d’une conférence de presse le 18 février à Paris. Une belle performance. En 2007, les surfaces n’atteignaient que 49 000 ha. Cette progression s’explique sans mal : notamment dans le Sud-Ouest, première région française de production du sorgho, « la sole de cultures d’été a été plus importante, car l’hiver a été difficile et toutes les céréales n’ont pu être semées », a souligné Yvon Parayre, agriculteur en Haute-Garonne et président de la commission sorgho de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé). Des conditions climatiques plus difficiles en fin de cycle n’ont pas permis au sorgho d’exprimer tout son potentiel. Au final, la production n’a donc atteint que 325 000 tonnes, dont près de 120 000 tonnes autoconsommées… un total tout de même supérieur de 100 000 tonnes à l’année précédente.

Explosion de la demande en 2007/2008
Pour Yvon Parayre, le sorgho a clairement une carte à jouer, particulièrement dans un contexte de prix bas pour toutes les espèces. Au moins parce qu’il est « qualitativement bien placé », comme l’a rappelé l’agriculteur. De fait, c’est vers cette plante que se sont retournés les fabricants d’aliments du bétail (Fab) en 2007/2008, lorsqu’ils ont dû faire face à une criante pénurie de grains. A lui seul, le secteur a consommé près de 580 000 tonnes de sorgho, contre 89 000 tonnes seulement un an plus tôt. Au total 600 000 tonnes ont dû être importées pour compléter les 177 000 tonnes de collecte. En 2008/2009, les utilisations sont revenues à un niveau plus classique, de 83 000 tonnes pour les Fab et 178 000 tonnes au total. En 2009/2010, une hausse des exportations à 110 000 tonnes contre 78 000 tonnes la campagne précédente devrait compenser la baisse des utilisations par l’alimentation animale, prévues à 40 000 tonnes par FranceAgriMer. Pour Yvon Parayre, « les fabricants préfèrent utiliser le maïs ou d’autres espèces parce que ces cultures bénéficient d’une régularité de disponibilité sur l’année ». Mais « à qualité égale, le sorgho est moins cher », a-t-il précisé.

« 70 000 ha de sorgho, c’est possible »
Friands de la céréale, puisqu’ils constituent l’essentiel de nos débouchés extérieurs, les Fab espagnols suivent le même raisonnement que leurs homologues hexagonaux. « Ils apprécient la qualité du sorgho français, a précisé Jean-Luc Verdier en conférence de presse. Si la production augmentait, nous aurions des volumes supplémentaires qui partiraient vers l’Espagne ». Il n’y a plus qu’à convaincre les agriculteurs… en restant réaliste : « Là ou le maïs fait 120 à 130 q/ha, le sorgho ne peut pas rivaliser », a commenté Yvon Parayre. Mais dans les terres à potentiel plus modeste du Lauraguais, par exemple, où le blé dur et le tournesol constituent l’assolement habituel, le raisonnement est différent. « Même avant le découplage des aides, l’introduction du sorgho ne dégradait pas la marge nette », a indiqué Jean-Luc Verdier, chiffres à l’appui. Dans un contexte où la diversification des cultures est aidée, l’introduction du sorgho peut faire la différence. Pour Olivier Jean, chef produit chez Semences de Provence et animateur de l’association Pro-sorgho, « 70 000 ha de sorgho, c’est possible ! », dès 2010. Surtout si des mesures de restriction d’eau sont mises en place dans les zones de production de maïs.

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