Le 16 salon professionnel Millésime Bio, qui s’est tenu du 26 au 28 janvier au Parc des Expositions de Montpellier, a fait le point sur la production de raisins et de vins bios en France. Si le raisin est encadré par un réglement européen, le cahier des charges de la vinification est encore en gestation.
En 12 ans, entre 1995 et 2007, les surfaces de vignes conduites en bio ont été multipliées par 4,6, passant de 4 854 à 22 510 hectares. De 2006 à 2007, elles ont même progressé de 20%, alors que les surfaces viticoles nationales se réduisaient (-2,3%). Les vignes bio représentent 2,6% du vignoble français. En 2007, le rythme de conversion des vignes à la bio s’est accentué, et plus du tiers des surfaces viticoles certifiées était en conversion. 2008 confirme cette tendance.
Les trois régions qui regroupent les 2/3 des surfaces en vigne certifiées connaissent une forte progression : Languedoc-Roussillon (6 140 ha, +16% par rapport à 2006), Provence-Alpes-Côte d’Azur (5 294 ha, +24%) et Aquitaine (3 065 ha, +9%). La progression est également très forte en Bourgogne (+28%) où les vignes certifiées couvraient en 2007 près de 1 000 ha.
Le nombre de viticulteurs engagés a augmenté de plus de 16% (1 907 viticulteurs fin 2007) en France. Certaines appellations sont très impliquées : 30% des producteurs de l’AOC Saussignac sont bio ainsi que la quasi-totalité dans l’AOC des Baux de Provence. Toutes les régions de France sont représentées ainsi que toutes les catégories de vins.
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Les pays producteurs de vins travaillent à un réglement « vin »
Le vin bio est produit à partir de raisin bio et identifié par la mention « Vin issu de raisins de l’agriculture biologique ». Depuis 2005, le logo AB peut être apposé sur les bouteilles. Cependant, la réglementation européenne doit encore se doter d’un cahier des charges pour la vinification. Un projet européen, nommé Orwine, a été lancé dans ce but en 2006. Il doit déboucher sur des propositions règlementaires pour la vinification et l’amélioration des techniques de production. L’Allemagne, l’Italie, la Suisse et la France y participent, les autres pays européens y sont associés par le biais d’IFOAM. En France, l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique), l’IFV (Institut français de la vigne et du vin) et l’Inra de Montpellier (Institut national de la recherche agronomique) sont membres du projet.
Cependant, des chartes privées existent déjà en Europe. Ainsi, la charte des vins biologiques de la FNIVAB (Fédération interprofessionnelle des vins de l’agriculture biologique) qui porte sur toutes les étapes de la vinification, depuis la récolte jusqu’à l’embouteillage, sert de référence à de nombreux vignerons français.