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Crise agricole Les syndicats agricoles dans une « forte » attente des annonces de Nicolas Sarkozy

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Reçus pendant plus de trois heures, chacun à leur tour par le ministre Bruno Le Maire, le 20 octobre, les syndicats représentatifs agricoles Coordination rurale, Confédération paysanne, FNSEA et JA ont tous insisté sur les attentes suscitées par le plan que va annoncer Nicolas Sarkozy, le mardi 27 en déplacement à Poligny dans le Jura. François Fillon a précisé le 22 octobre que ce plan d’aides d’urgence sera « massif ». Si les mesures annoncées doivent aider ceux qui sont en difficulté, elles doivent aussi permettre d’aider à la « modernisation » du secteur.

Les mesures du plan « massif » qui sera annoncé par Nicolas Sarkozy, le 27 octobre ne seront pas « des rustines pour simplement passer des moments difficiles ». C’est ce que promettait, le 22 octobre, le Premier ministre, évoquant quelques pistes. Il a affirmé que le gouvernement s’apprêtait à « aider ceux qui sont en difficulté en prenant en charge les cotisations et les intérêts d’emprunt ». Justement, pour la Confédération paysanne, il faut éviter de rentrer « dans des dispositifs classiques de prêts ou de prises en charge de cotisations sociales qui n’ont jamais satisfait les paysans ». « Ce genre de mesure ne fait que payer la pelle et la pioche pour que les agriculteurs continuent à creuser un trou pour s’enterrer », a lancé Philippe Collin, porte-parole du syndicat, le 20 octobre à l’issue de sa rencontre avec Bruno Le Maire. Évidemment, Philippe Collin ne renie pas la nécessité d’un « plan d’urgence » de soutien mais estime qu’il faut « une refonte de la politique agricole, basée sur la maîtrise et la répartition de la production, l’adéquation de l’offre à la demande de consommation européenne. Ce qui n’est pas acté pour l’instant ».

Des « rustines »
En résumé, « notre attente, c’est une politique pour prévenir les crises. La collectivité n’a pas pour mission de compenser un prix du lait qui n’est pas assez élevé », poursuit le porte-parole du syndicat. « Les annonces de Nicolas Sarkozy ne seront que des rustines », prévient le syndicaliste. Même crainte du côté de la Coordination rurale. « Attention à ne pas faire de ce plan une énième rustine d’une chambre à air qui est arrivée en bout de course », explique François Lucas, le président de la Coordination rurale. « L’agriculture justifie un plan d’urgence d’envergure au même titre que l’automobile par exemple, explique le syndicaliste. Mais il faut lui donner en plus des perspectives ».

Pas de saupoudrage
Pour la Coordination rurale, les mesures de soutiens doivent éviter « le saupoudrage ». « Ces soutiens doivent agir comme des leviers, ajoute-t-il. Il est hors de question de donner un peu à tout le monde ». Pour François Lucas, « une année blanche (telle que réclamée par la FNSEA : ndlr) c’est une année noire l’année suivante » lorsqu’il faut honorer ses intérêts d’emprunts et payer ses cotisations, a-t-il expliqué. Le syndicat a insisté sur le « cautionnement » des prêts. « Il faut qu’ils soient assurés par les organismes tels Unigrains ou Sofiprotéol », établissements financiers auxquels les agriculteurs « contribuent ». Lorsque vous êtes en face d’un banquier, dans une situation économique difficile, il n’est pas facile d’obtenir un prêt, souligne François Lucas. Il propose aussi d’indemniser les producteurs laitiers pour qu’ils produisent moins avec les 280 millions aides débloqués à Bruxelles. « Ce qui relancera la filière, c’est le marché. Les aides ne serviront qu’à passer le cap », souligne François Lucas.

De l’exigence
Quant à la FNSEA, si les réponses ne sont pas à la hauteur (un plan évalué par le syndicat à 1,4 milliard d’euros), elle prévient : « Nous sommes prêts à recommencer une mobilisation telle que celle du 16 octobre », a indiqué Dominique Barrau, le secrétaire général du syndicat à l’issue de sa rencontre avec le ministre. « D’ailleurs, des actions ponctuelles se feront dans les départements, au cours des prochains jours. Il ne s’agit pas de manifester pour manifester mais de donner un avenir à notre secteur agricole », précise la FNSEA, le 21 octobre dans un communiqué. « Nous attendons beaucoup (des annonces de Nicolas Sarkozy : ndlr) et nous serons exigeants », prévient la FNSEA. Le ministre Bruno Le Maire a assuré qu’il « était de sa responsabilité que le plan global d’urgence corresponde aux attentes des agriculteurs sur le terrain ». Une lourde responsabilité en ces temps agricoles agités.

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