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Bovins Les syndicats agricoles mobilisés contre l’aide à l’engraissement

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Les éleveurs reçoivent depuis la semaine dernière les formulaires de demandes d’aides à l’engraissement de jeunes bovins. Après des mois de contestation sur les modalités d’octroi de cette aide, les syndicats appellent à la mobilisation.

La FNB appelle les éleveurs à ne pas signer de contrats dans la précipitation, dans un communiqué de presse du 25 avril. « Les éleveurs ont jusqu’au 15 mai pour présenter des contrats signés afin d’être éligible aux aides à l’engraissement », dénonce Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB (Fédération nationale bovine). De fait, au 15 mai, les dossiers de demande des aides doivent être déposés par les éleveurs. La FNB dénonce cette date qui peut inciter les éleveurs à se précipiter pour signer des contrats. Dans le communiqué de presse du 25 avril, la FNB rappelle, en outre, que « les contrats proposés n’offrent aucune garantie en l’absence d’une référence au coût de production et s’assimilent plus à un bon de livraison à l’abatteur ! ». Pour rappel, « le Sniv-SNCP a bloqué le cadre-type interprofessionnel qui prévoyait des contrats avec prise en compte du coût de production, et la circulaire du ministère n’impose pas cette disposition ».

L’aide à l’engraissement avantage « outrageusement » les OPC

La CR (Coordination rurale) se focalise, elle, sur l’avantage qui est donné aux OPC (organisation professionnelles commerciales). L’occasion pour la CR de dénoncer à nouveau les modalités d’accès à l’aide à l’engraissement. Selon le syndicat minoritaire, « elles avantagent outrageusement les OPC ». En outre, la CR considère que « pour bénéficier de quelques euros, les éleveurs devront s’enchaîner à un abatteur ou à une coopérative ». De fait, le syndicat craint qu’ « une fois les éleveurs engagés dans ces démarches, les OPC pourront récupérer par les prix le montant de cette aide ». Par ailleurs, l’aide étant destinée aux jeunes bovins abattus en France, les inquiétudes portent aussi sur une éventuelle baisse des exportations qui ont permis « une augmentation des cours depuis 2011 ».

Une obligation « qui n’a aucun sens »

La CP (Confédération paysanne) prend acte du réveil, même tardif, de Coop de France, de la FNB et de la CR, comme elle le déclare dans un communiqué de presse du 26 avril. Pour faire face à une obligation de contractualisation qui « n’a aucun sens dans son état actuel d’avancement », la CP appelle les éleveurs à « remplir le formulaire de demande d’aide avant le 15 mai », contrairement au mot d’ordre de la FNB. De fait, la CP espère attaquer la circulaire ministérielle. Le syndicat minoritaire met à la disposition de tous les éleveurs une lettre devant accompagner le formulaire. « Je vous confirme que je demande l’aide à l’engraissement de Jeunes Bovins, bien que je ne remplisse pas les conditions édictées par la notice qui accompagne le formulaire de demande de cette aide », lit-on dans cette lettre que la CP recommande d’envoyer avec le formulaire et disponible sur leur site internet. Car « ces conditions ont été définies par une circulaire ministérielle alors qu’elles auraient dû l’être par un texte réglementaire ». Quel que soit le résultat de cette stratégie, il semble bien que les trois syndicats aient une position commune, au moins concernant l’opposition faite à l’obligation de contractualisation pour avoir droit aux aides à l’engraissement.

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