Six syndicats, dont les adhérents représentent environ 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, vont rejoindre les organisations professionnelles agroalimentaires qui adhèrent déjà à la CPME, et créer une « CPME alimentaire ».
L’Adepale, qui regroupe les entreprises des produits alimentaires élaborés (six syndicats des entreprises de l’épicerie, du frais et du surgelé) a annoncé officiellement son départ de l’Ania. « Nos entreprises méritent une écoute plus attentive », a souligné Jérôme Foucault, nouveau président de l’Adepale au cours d’une prise de parole devant la presse le 17 novembre. « Pour nos entreprises, la France est plus qu’un marché, c’est là où nous avons nos racines, nos savoir-faire », a-t-il indiqué, voulant se démarquer « des entreprises internationales qui fabriquent ici ou là pour tel marché européen, tel marché mondial ». Selon lui, l’Ania est « très influencée par les problématiques des entreprises internationales qui pèsent d’un poids significatif dans ses instances et dans sa gouvernance ». C’est donc ce manque de prise en compte des PME au sein de l’Ania qui semble bien être l’une des principales raisons de la rupture. Dans les faits, les syndicats de l’Adepale n’adhèrent plus à l’Ania depuis le 1er juillet, mais l’annonce officielle n’intervient que maintenant.
Les 258 entreprises membres de l’Adepale représentent un pan important de l’industrie agroalimentaire française : selon l’association, elles réalisent environ 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, emploient 50 000 salariés et détiennent 388 usines en France. Et l’Adepale ne compte pas que des PME parmi ses adhérents : Labeyrie Fine Foods ou Bonduelle adhèrent à des syndicats membres de l’Adepale.
L’agroalimentaire grandit au sein de la CPME
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En quittant l’Ania, les syndicats de l’Adepale n’entendaient toutefois pas voler de leurs propres ailes, d’où leur décision d’intégrer la Confédération des PME (CPME), qui représente 150 000 entreprises et 3 millions de salariés. La CPME compte déjà plusieurs organisations professionnelles du monde agroalimentaire : Brasseurs de France (également membre de l' Ania), la Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) ou la Fédération française des vins et spiritueux (FFVS).
L’objectif est de constituer un groupe, nommé CPME Alimentaire, au sein de la section industrie de la CPME. Et de mieux se faire entendre des pouvoirs publics. Jérôme Foucault estime ainsi que cette nouvelle CPME Alimentaire a « toute la légitimité pour participer au comité de suivi des négociations commerciales ». Le moment choisi est délicat, alors que les négociations commerciales ont débuté, et que, selon les échos de certains adhérents de l’Adepale, des demandes de déflation de la part des distributeurs atteignent parfois les 8 %. « Ce n’est pas compréhensible », a indiqué Jérôme Foucault, espérant aussi qu’un cadre réglementaire soit adopté sur la question des pénalités logistiques. L’Adepale se montre très inquiète pour certaines entreprises adhérentes actives sur des marchés en difficulté. Selon ses données, les ventes de produits surgelés sont en hausse de 11,6 % au cours des neuf premiers mois de 2020 en GMS, mais estimées en recul de 27,2 % vers la RHD. Et au rayon traiteur des grandes surfaces, le snacking froid recule de 15 % entre janvier et fin septembre.