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Conditions de travail/UE Les syndicats de l’alimentaire réclament des « emplois décents et des investissements appropriés »

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« Nous exigeons que les institutions européennes et les gouvernements des 27 apportent une réponse européenne coordonnée à l’érosion constante du travail décent dans l’industrie alimentaire et des boissons, source la plus importante en matière d’emploi dans l’Union ». C’est ce qu’a déclaré Harald Wiedenhofer, le secrétaire général de la Fédération européenne de l’alimentation et de l’agriculture (EFFAT). Dans un appel conjoint avec d’autres syndicats européens (1), le lobby syndical du secteur alimentaire européen appelle également les responsables européens à favoriser l’accroissement des investissements dans le secteur industriel ainsi que la mise en œuvre d’un « pacte social » en lieu et place des politiques d’austérité.

En quatre ans seulement, depuis que la crise financière mondiale a éclaté, près de 4 millions d’emplois ont été perdus dans les secteurs industriels de l’UE dont le plus important est l’industrie alimentaire et des boissons », déplore l’EFFAT, qui défend les intérêts des travailleurs du secteur alimentaire européen. « Nous assistons à une attaque constante sur les salaires, les pensions, les avantages sociaux, les relations industrielles et la sécurité d’emploi », estime son secrétaire général, Harald Wiedenhofer. Le résultat, selon lui, serait « une baisse sans précédent du niveau de vie et des conditions de travail ainsi que des niveaux jamais observés en ce qui concerne le travail précaire ».
Une porte-parole de l’EFFAT explique à Agra Alimentation que « la concurrence des prix, la pression de la distribution, les relations B2B déséquilibrées au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, la concurrence des importations en provenance de pays à bas salaires hors UE, sans parler de la crise elle-même, ont mis l’industrie alimentaire – notamment les PME – sous forte pression ». Dans ces conditions, souligne-t-elle, « les travailleurs sont le premier élément et le plus vulnérable de l’ajustement économique », ajustement qui peut prendre la forme « de licenciements, de remplacement des emplois permanents par des emplois précaires, d’utilisation démesurée des travailleurs détachés, d’instauration de différents niveaux de rémunération, d’externalisation des activités pour des raisons de coût salarial et, last but not least, de rupture du dialogue social et des négociations collectives ». La porte-parole de l’EFFAT cite en exemple les conditions sociales dans l’industrie de la viande qui sont, selon elle, « extrêmement difficiles – notamment dans les abattoirs allemands – avec une incidence élevée du travail précaire illégal et à temps partiel sans parler des salaires de misère et de l’absence de droits en matière de sécurité sociale». Une étude de l’EFFAT souligne que « l’absence d’un salaire minimum légal dans l’industrie en Allemagne crée une distorsion économique et sociale au niveau du marché unique (dumping social), en attirant des transformateurs de viande en provenance d’autres pays européens ». Résultat : « Certains employeurs se désengagent tout simplement de la négociation collective et des relations professionnelles ».
 
Pour un « Pacte social »
Les responsable de l’EFFAT assurent qu’ils se sont « déjà mis au travail pour renforcer l’attractivité de l’industrie alimentaire et des boissons pour les demandeurs d’emploi », mais, soulignent-ils, « nous avons besoin d’un engagement commun des pouvoirs politiques pour assurer à l’industrie une pérennité économique et sociale.
« Les leaders de l’EFFAT et leurs collègues d’autres fédérations syndicales européennes (y compris ETUC et IndustryAll European Trade Union) appellent à l’instauration d’un pacte social en lieu et place des politiques d’austérité qui fleurissent à travers l’Union, à l’accroissement des investissements dans la qualification et l’éducation des travailleurs de l’industrie, au développement des investissements dans l’industrie manufacturière verte, au lancement d’un débat à l’échelle européenne sur les salaires dans le cadre d’un dialogue social authentique ainsi qu’à une plus grande contribution des spéculateurs financiers dans la résorption des coûts de la crise ».
 
(1) Notamment l' »ETUC » (European Trade Union Confederation) (Confédération européenne des syndicats- CES) et « IndustryAll European Trade Union ». 

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