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Biocarburants Les taillis à courte rotation critiqués par une étude britannique

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La culture de saule, peuplier ou eucalyptus en taillis à courte rotation (pour la production de biocarburants de deuxième génération) entraîne la formation d’ozone, un polluant ayant des conséquences néfastes sur la santé humaine et le développement des cultures. Selon une étude britannique, les objectifs de production de biocarburants fixés par l’UE pour 2020 pourraient donc causer des pertes importantes de récolte de céréales.

Des chercheurs de l’université britannique de Lancaster remettent en cause, dans une étude publiée le 6 janvier par la revue Nature Climate Change, les bénéfices environnementaux des biocarburants de seconde génération produits à partir de bois. Les cultures ligneuses à rotation rapide utilisant le peuplier, le saule ou l’eucalyptus ont la particularité d’émettre des quantités importantes d’isoprène, un composé volatil qui, lorsqu’il est combiné avec d’autres polluants atmosphériques (comme l’oxyde d’azote) produit de l’ozone. Or, si l’ozone en haute altitude permet de protéger la terre des rayonnements solaires ultraviolets, au niveau du sol ce gaz est surtout un puissant polluant de l’air provoquant chez l’homme notamment des problèmes pulmonaires, et des nécroses chez les plantes. « Notre étude met en évidence la nécessité de ne pas seulement prendre en compte le bilan de carbone lorsque l’on étudie l’impact de la production de biocarburants », soulignent les auteurs des recherches.

Perte de 3,5 % de la récolte de blé

Les scientifiques ont basé leurs évaluations sur les objectifs européens de production de biocarburants pour 2020. Ils estiment que 72 millions d’hectares de cultures et de prairies de l’UE utilisés pour la production de bioénergie seront transformés d’ici à 2020 en taillis à courte rotation pour produire du bioéthanol. Conséquences : des pertes annuelles de production de 7,1 millions de tonnes de blé (3,5 % de la récolte) et 800 000 tonnes de maïs (1 %) et près de 1 400 décès supplémentaires par an (l’ozone faisant déjà environ 22 000 victimes chaque année en Europe).
Mais des solutions pourront être mises en place pour limiter ces effets négatifs, préviennent les chercheurs. Pour cela, l’implantation de ces nouvelles cultures destinées à la production de biocarburants devra se faire loin des centres urbains déjà pollués pour limiter la formation d’ozone. L’amélioration génétique pourrait également être utilisée pour réduire les émissions d’isoprène.

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