Après l'annonce de négociations exclusives la semaine passée, Deoleo et CVC se sont rapidement entendus sur les termes d'un accord. Ce dernier organise la prise de contrôle du fonds britannique sur le leader espagnol de l'huile d'olive, mais préserve également les intérêts des actionnaires espagnols.
LE fleuron espagnol de l'huile d'olive en bouteille, Deoleo, va passer dans le giron du fonds d'investissement britannique CVC, selon les termes d'un accord annoncé le 25 avril. CVC, qui a déjà repris les activités européennes de Campbell l'an passé (Royco et Liebig notamment), va d'abord racheter 29,99% du capital puis lancer une offre sur le total valorisant l'entreprise à 439 millions d'euros, à comparer à une capitalisation de 456 millions d'euros. « CVC va acquérir 29,99% du capital en achetant les participations de Bankia (16,5%), de BMN (4,85%) et une partie de celle de Dcoop (8,64%) » puis « le fonds lancera une OPA sur 100% du capital, en donnant ainsi aux actionnaires minoritaires les mêmes conditions de prix que celles offertes aux actionnaires significatifs (0,38 euro par action) », a expliqué Deoleo dans un communiqué. Le fonds britannique CVC s'engage aussi au « refinancement de la dette actuelle du groupe » via un crédit à sept ans et une augmentation de capital jusqu'à 151,3 millions d'euros.
Deoleo, qui s'est fortement endetté pour financer des acquisitions mal maîtrisées, a commencé à se restructurer en 2010, avec notamment la vente de son activité riz à Ebro. À l'époque, la dette nette du groupe dépasse 1,5 milliard d'euros. Actuellement Deoleo cumule encore 500 millions d'euros de dette, soit six fois environ son excédent brut d'exploitation.
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La reprise de Deoleo a mobilisé le gouvernement espagnol, qui ne souhaitait pas que le géant de l'huile d'olive, dont les marques Carbonell ou Koipe sont emblématiques dans le pays, passe sous le contrôle d'un groupe étranger. De fait, Deoleo gardera plusieurs actionnaires espagnols de référence : CaixaBank, Kutxabank et Unicaja, qui totalisent une part d'environ 20% du capital, ne devraient pas vendre. Précaution supplémentaire, l'accord prévoit que les décisions importantes de l'assemblée générale et du conseil d'administration ne puissent désormais être prises qu'à une majorité renforcée de 60%, « pour garantir que l'on ne puisse pas imposer aux actionnaires minoritaires des décisions qui pourraient aller contre l'intérêt général de l'entreprise ». Pour rappel, le 10 avril, Deoleo a annoncé pour le premier trimestre de son exercice en cours, un bénéfice net de 3,6 millions (-17,5% sur un an) pour 170 millions de chiffre d'affaires (-14,2%) et un excédent brut d'exploitation de 19,6 millions (+29,6%). En 2013, l'entreprise qui emploie 713 personnes, avait enregistré une baisse de 1,9 % de son chiffre d'affaires à 813 millions d'euros et un bénéfice de 20 millions d'euros. L'Espagne est le premier producteur d'huile d'olive avec près de la moitié de la production mondiale, selon l'institut du commerce extérieur espagnol (ICEX). Elle réalise 60% de ses ventes en Espagne et en Italie et doit miser sur l'international pour compenser la chute de la demande dans ces deux pays.