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Filière biologique Les transformateurs de plus en plus nombreux à se mettre au bio

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La consommation de produits biologiques en France en 2017 a encore progressé de plus d’un milliard d’euros. Le rythme de progression, 16 %, est moins soutenu que les années précédentes, mais les industriels et les distributeurs sont toujours plus nombreux à se mettre au bio. Les surfaces cultivées progressent aussi afin de répondre à l’attente de produits bio et locaux.

Selon les derniers éléments chiffrés diffusés par l’Agence Bio, la production agroalimentaire poursuit sa conversion au biologique. En 2017, les transformateurs ont été encore plus nombreux pour atteindre 12238 engagés en bio, soit +15,5 % par rapport à 2016. Le nombre de nouveaux engagés est même deux fois supérieur à celui obtenu en 2016. En termes de régions, Auvergne-Rhône Alpes est la première région pour les transformateurs agroalimentaires, suivie de l’Occitanie et de la Nouvelle Aquitaine.

Cet entrain des industriels pour le bio est à rapprocher des dernières évaluations concernant le marché des produits biologiques. Selon les données dévoilées par l’Agence bio le 22 février, 8 milliards d’euros ont été dépensés par les ménages français en produits biologiques, restauration hors foyer incluse, dont 7,85 milliards d’euros de produits alimentaires. « Le secteur bio est celui qui connaît la plus forte progression au sein de l’alimentaire en France », a expliqué Florent Guhl, directeur général de l’Agence bio, à l’occasion d’une présentation. En effet, les consommateurs ont dépensé 16 % de plus en produits étiquetés biologiques l’année passée, par rapport à 2016. « Certes c’est un peu moins que le rythme observé les années précédentes, mais c’est tout de même 1,1 milliard d’euros qui a été dépensé en plus en une année », poursuit Florent Guhl, qui estime que « le marché bio prend une nouvelle dimension ». Pour mémoire, le marché bio français avait progressé de 82 % entre 2011 et 2016.

Plus de magasins, plus de produits

Cette hausse des dépenses des Français s’explique surtout par une meilleure diffusion des produits bio : dans les commerces de proximité, dans les drive, dans l’élargissement des gammes en grandes surfaces et dans les magasins spécialisés plus nombreux (7,5 % de progression du nombre de points de vente, soit 250 magasins en plus). Les ventes en magasins spécialisés ont cru de 15 %. « Selon le panel IRI, les grandes et moyennes surfaces alimentaires affichent une croissance de 20,5 % pour les produits bio à poids fixe », note l’Agence bio. Dans le commerce de proximité, les ventes augmentent de 23 % et dans le e-commerce des grandes enseignes, elles font un bond de 33 %.

Reste à savoir comment va se comporter le marché à l’avenir. Si la progression des dépenses en 2017 a été moins forte qu’auparavant, l’appétit des consommateurs semble toujours bien présent. Un quart des personnes interrogées dans le cadre du baromètre 2018 Agence bio-CSA affirment qu’elles vont augmenter leur consommation dans les six prochains mois. 85 % des sondés sont intéressés par le bio et le local, et plus d’un sur deux souhaiterait plus de bio dans les boucheries charcuteries, les boulangeries-pâtisseries et les fromageries.

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Le prix reste le premier écueil

42 % de ceux qui consomment bio ont davantage dépensé pour l’achat de ces produits en 2017 (35 % en 2015, 27 % en 2014). 20 % d’entre eux consacrent un quart de leur budget alimentaire aux produits biologiques. Si le prix fait partie des caractéristiques d’un produit biologique pour les sondés, la cherté reste le premier frein à la consommation de produits bio. 52 % estiment ainsi qu’il n’est pas normal qu’un produit biologique coûte plus cher. L’avenir dira si le prix devient un argument de bataille entre distributeurs. Leclerc a annoncé l’ouverture prochaine de 200 magasins « Leclerc bio », sans dévoiler encore s’il utilisera son arme favorite du prix bas pour attirer les clients.

Les attentes de la profession pour l’avenir

À l’occasion de sa présentation, Florent Guhl a rappelé les attentes des professionnels vis-à-vis du plan bio qui doit être prochainement dévoilé : un plan coconstruit avec les régions, l’État et l’Agence bio, des outils de financement et de structuration des filières, et la prise en compte des enjeux de recherche, de formation et du foncier. Les dernières déclarations du président Macron faisaient état d’un objectif de 15 % de la surface agricole utile en bio d’ici 2022 (contre 6,5 % en 2017) et 50 % de produits de qualité (dont du bio) dans la restauration collective.