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Prix du lait Les transformateurs justifient la baisse

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Après un nouvel échec des négociations entre producteurs et industriels le 4 novembre dernier, l’Atla fait un point sur les conditions de marché pour expliquer la volonté des industriels de baisser le prix du lait payé aux producteurs. Alors que les cotations du beurre, de la poudre et du lactosérum ont reculé depuis le début de l’année, les industriels proposeront une baisse d’au moins 30 euros pour 1 000 litres sur le quatrième trimestre 2008. La FNCL souhaite que le nouveau système de fixation du prix, qui doit être mis en place au début de l’année 2009, prenne en compte l’évolution des charges des producteurs et celle des prix de vente des produits de grande consommation sur le territoire français. De son côté, la Fnil appelle au « réalisme économique » notant que le prix du lait aura augmenté de 18 % en 2008.

La nouvelle réunion qui a eu lieu le 4 novembre dernier n’aura pas permis de mettre d’accord les producteurs et les industriels sur le prix du lait pour le quatrième trimestre 2008. Après ce nouvel échec, la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières) et la Fnil (Fédération nationale de l’industrie laitière), réunies au sein d’Atla, ont tenu à faire le point sur « la réalité du secteur » pour expliquer pourquoi les industriels demandaient une baisse du prix payé aux producteurs. « Pendant que les cours mondiaux du beurre et de la poudre s’effondrent, le prix du lait en France a continué de monter. Ainsi, sur la base des prix du lait actuels, la valorisation du couple beurre-poudre enregistre une perte de plus de 100 euros pour 1 000 litres. Cette situation est devenue intenable sauf à mettre en péril toute la filière laitière française », explique la Fnil. Les deux fédérations de transformateurs mettent notamment en avant la baisse de 46,7% entre 2008 et 2009 de la valorisation du beurre et de la poudre et de 8,3% des fromages européens (voir le tableau ci-dessous). Les stocks de poudre et de beurre ne trouvant pas de débouchés se sont accumulés ces derniers mois et se déprécient.

Faute d’accord au sein de l’interprofession, les industriels vont proposer régionalement un prix pour le mois d’octobre dans le cadre des Criel (branches régionales du Cniel). Les baisses de prix proposées par les industriels pourraient atteindre entre 30 et 55 euros pour 1 000 litres. « En dépit de ces ajustements, le prix du lait aura augmenté entre 17 et 18% en 2008 par rapport à 2007 », affirme Bertrand de Kermel, directeur de la FNCL, ajoutant : « Il est possible que nous nous retrouvions autour de la table au Cniel fin novembre pour fixer le prix du lait pour la fin de l’année 2008 et mettre en place le nouveau système ».

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Si l’ancien système de fixation du prix recommandé par l’interprofession se basait sur la cotation du prix du lait en Allemagne, sur l’évolution du cours des produits industriels et des fromages européens, le nouveau système pourrait également prendre en compte l’évolution des charges des producteurs et celle des prix de vente des produits de grande consommation. Concernant la cotation des fromages européens, Entremont Alliance avait proposé de remplacer celle de l’emmental par celle du cheddar, aspect qui ne satisfait pas les producteurs mais qui semble avoir l’accord des deux fédérations des industriels et des coopératives. La FNPL (Fédération nationale des producteurs laitiers) ne serait également pas d’accord sur la prise en compte du prix du lait en Allemagne, selon Bertrand de Kermel. Entre la mi-octobre 2007 et le courant de l’été 2008, les volumes de produits ultra-frais se sont effondrés en GMS, reculant de 2 à 4,5% selon les mois. Même constat pour les ventes de fromages, de beurre ou de lait liquide qui restent dans une tendance baissière depuis le début de l’année 2008. Selon une étude d’Ipsos pour Syndifrais, plus d’un tiers (34%) des Français interrogés dit avoir réduit sa consommation de produits laitiers frais au cours des six derniers mois, et pour 34% des Français, ce sont les produits laitiers frais qui ont connu l’inflation la plus forte.

En Allemagne aussi, la filière laitière connaît ses perturbations. La grande distribution, les discounteurs Aldi et Lidl en tête, a annoncé des baisses du prix du litre de lait en magasin allant jusqu’à 20%, revenant sur les hausses décidées au printemps et provoquant le courroux des producteurs.