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Congrès des légumiers Les unions de producteurs doivent se rassembler autour de l’origine France

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« L’origine France » qui était le thème du congrès de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de légumes) le 16 novembre, est non seulement un projet professionnel de reconnaissance des contraintes particulières à la France (écologiques, sociales, qualitatives, sanitaires), mais aussi « une clé d’entrée pour l’union des producteurs », a déclaré Angélique Delahaye, présidente de l’organisation.

À travers cette reconnaissance, à bâtir, les producteurs sont invités à se regrouper tant économiquement que politiquement. « Tant que nous ne serons pas unis, nous ne pèserons pas dans les rapports de forces » avec la distribution, a précisé la présidente de la FNPL.

Sortir de l’individualisme

La trame de ce congrès était une invitation à l’union, tant politique qu’économique.

Invité, Patrick Le Brun, président du syndicat des vignerons de Champagne, a conclu la matinée du 16 novembre, en livrant le secret du succès de son vignoble à l’exportation : le champagne, c’est 15 000 vignerons, quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont la moitié à l’export, 140 coopératives… et un seul syndicat. « Si le champagne en est arrivé là, c’est parce que nous avons su nous unir au début des années 1950 », a souligné Patrick Le Brun. « L’enjeu, demain, est de sortir d’une certaine forme d’individualisme », a martelé Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint de la FNSEA.

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Jean-Bernard Bayard a évoqué l’anticipation des crises : « On commence à parler du coefficient multiplicateur Le coefficient multiplicateur permet de lier, grâce à des taux institués à chaque stade de la filière (production, grossistes, distributeurs) le prix au consommateur au prix payé au producteur. au moment de la Pentecôte, puis quand la crise arrive à la fin du printemps, le temps que tout le monde se mette d’accord, il est trop tard et au bout du compte on ne l’applique pas » . Cette année, le congrès de la FNSEA aura pour thème les crises et la commercialisation des produits, a signalé le secrétaire général adjoint de la centrale syndicale.

Créer des marques collectives

S’agissant du volet économique de ce thème, Philippe Vasseur, ancien ministre de l’Agriculture, a indiqué qu’on a le droit d’apposer une marque d’origine. « Non seulement on a le droit de mentionner une origine, du moment qu’on ne dit pas qu’elle est la meilleure, mais c’est une information qui intéresse le consommateur ».

L’important est qu’une telle mention ne soit pas confondue avec une action à caractère protectionniste. Philippe Vasseur a rappelé toutes les difficultés qu’il avait eues pour faire appliquer l’embargo sur la viande bovine britannique. Bruxelles s’y opposait, arguant de la liberté des échanges. Finalement, l’embargo a tenu bon jusqu’à la fin du mandat de Jean Glavany en tant que ministre de l’Agriculture. Les Anglais eux-mêmes ont fortement redressé leur filière bovine, ravagée par l’ESB, en créant, au début des années 2000, la marque collective « British meat », permettant aux consommateurs britanniques de plébisciter la viande bovine issue de leurs producteurs.