Ce printemps « se caractérise par une mise à l’herbe précoce [des vaches laitières] par rapport aux trois dernières années », remarque Pauline Gautier, du service Élevage et territoires de l’interprofession laitière (Cniel), le 24 juin, dans un point sur le pâturage au printemps 2019.
Les raisons : « Un mois de février battant des records de température et un besoin pour les éleveurs de compenser le manque de fourrages conservés à la suite de l’automne dernier très sec. » Aussi, fin février, un quart des élevages laitiers pâturaient déjà en France. Ce seuil n’avait été atteint qu’un mois plus tard l’année dernière. L’ensemble du territoire hexagonal est concerné : « En moyenne, en France, c’est 10 % d’élevages pâturant en plus au 30 mars. » Le phénomène est encore plus marqué à l’Ouest : + 15 % en Bretagne, + 13 % en Pays-de-Loire, + 13 % en Normandie, + 12 % en Occitanie par rapport à la moyenne au 30 mars des trois dernières années. « Malgré un mois d’avril sec et froid, le nombre d’élevages pâturant est resté supérieur en moyenne aux années précédentes pour atteindre un seuil de 85 % d’élevages au pâturage en mai », explique Pauline Gauthier. Au total, « en France, 92 % des vaches laitières pâturent », rappelle le Cniel.
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En conséquence, l’herbe fraîche est présente plus précocement dans la ration alimentaire des vaches laitières et en quantité plus importante : + 6 points d’herbe fraîche en mars pour atteindre 10 % de la ration totale, + 3 points en avril à 28 % du total. À l’inverse la sécheresse avait poussé, en automne, les éleveurs à compenser le manque d’accès au pâturage et à l’herbe par un recours à des fourrages conservés, ensilage de maïs et foin en tête. La ration automnale (du 1er septembre au 30 novembre) de 2018 comportait ainsi 3 points de moins d’herbe fraîche par rapport à 2016 et 2017 et 1 point de plus de foin et d’ensilage de maïs.
Fin février, un quart des élevages laitiers pâturaient déjà en France.