Le marché des agroéquipements, qui a connu une année « record » en 2023, subit un recul de 4,1 % en valeur au premier trimestre, a indiqué le 10 juin Axema (industriels). « Après six bonnes années, nous entrons dans un cycle de marché baissier », a déclaré le directeur des Affaires économiques David Targy. Les ventes de matériel neuf sont projetées à 7,75 milliards d’euros d’euros en 2024 (-15 %), puis à 7,36 Md€ (-5 %) en 2025. Un changement de tendance, puisqu’elles ont culminé à 9,1 Md l’an dernier, du jamais vu. Cette performance apparaît en trompe-l’œil, liée aux commandes de 2022. Le marché a en fait basculé dès 2023. Avec des premières immatriculations qui sont restées stables, l’an dernier, mais révélant de grandes disparités. D’un côté, les pulvérisateurs traînés (+45 %) et automoteurs (+ 35 %) ont eu le vent en poupe. Même dynamisme pour les tonnes à eau (+9,4 %), bétaillères (+9,1 %), moissonneuses-batteuses (+6,6 %), tracteurs standards (+4,2 %) et chargeurs télescopiques (+3,7 %). De l’autre, une baisse déjà enclenchée pour les bennes (-7,5 %), épandeurs à fumier (-9,6 %), presses à balles rondes (-16,8 %), semoirs (-20,1 %).
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« Cela va se retourner au cours de l’année prochaine, a estimé David Targy. Le secteur renouera avec la croissance en 2026. » Pour l’heure, les prises de commandes sont en berne. Elles affichent -11 % en volume de janvier à avril (-41 % par rapport à la même période en 2022), selon l’index Axema. Dans le détail, les tracteurs standards (-13 %), presses à balle ronde (-12 %), matériel de fenaison (-8 %) sont à la baisse, les ensileuses automotrices (+27 %), presses à balle carrées (+23 %) à la hausse. Axema réfute l’idée d’une crise. À la fois car les difficultés ne sont pas généralisées : la situation est notamment « plutôt sereine » pour les matériels de transport. Et parce que le moral des dirigeants est partagé entre optimisme et pessimisme (50-50).