Les ventes de pesticides sur la campagne agricole 2003/2004 se sont élevées à 1,8 milliard d’euros, selon l’Union des industriels de la protection des plantes. La légère hausse par rapport à la campagne précédente s’explique par une augmentation de la pression parasitaire, mais le marché reste relativement stable, selon l’UIPP. On peut constater que les quantités de matières actives vendues par hectare cultivé ont diminué de 20 % en 15 ans.
L’UIPP, Union des industriels de la protection des plantes, a annoncé le 21 juin que les ventes de produits phytosanitaires en France se sont élevées à 1,771 milliard d’euros sur la campagne 2003-2004, soit une hausse de 1,59 % par rapport à la campagne précédente. Les ventes se décomposent en 799 millions d’euros pour les herbicides (+ 11 % en raison d’une hausse des surfaces de céréales et du retrait de l’atrazine), 612 ME pour les fongicides (- 9 % en raison d’une faible pression maladie), 188 ME pour les insecticides (+ 17 % en raison d’une forte pression des pucerons) et 172 ME pour les produits divers (- 10 %). « Nous sommes sur un marché mature, relativement stable, autour de 1,7 et 1,8 ME, qui subira seulement quelques rebonds en fonction des aléas climatiques », a commenté Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP. C’est d’ailleurs, selon lui, ce qui explique la légère hausse de la campagne passée. Sur l’année civile 2004, les ventes ont représenté 76 100 tonnes de produits, (contre 74 500 tonnes en 2003) dont 57 300 tonnes de produits de synthèse et 18 800 tonnes de cuivre et soufre.
L’UIPP favorable à la mise en place de l’Agence du végétal
Ce tonnage de 76 100 tonnes correspond à une baisse de 37 % par rapport à 1999. Mais seulement de 9 % par rapport à 1995, alors que la profession agricole française dit avoir appliqué une agriculture « raisonnée » entre ces deux dates. Qu’en est-il vraiment ? « Je peux vous dire que les agriculteurs réagissent beaucoup plus aujourd’hui aux aléas climatiques et épidémiologiques », assure Emmanuel Butstraen, le nouveau président de l’UIPP et directeur général de BASF Agro. Ce dernier voit d’un très bon œil la mise en place de l’agence nationale des intrants pour le végétal (Aniv) « qui va permettre de crédibiliser les autorisations de mise sur le marché de par son indépendance d’évaluation des risques », commente-t-il.
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Une quantité de matières actives par hectare réduite de 20 % en 15 ans
Si on analyse l’évolution des quantités de matières actives vendues par hectare cultivé en France (voir tableau), on se rend compte que ce chiffre se situait à 5,2 kg/ha en 1990. Il a été relativement stable jusqu’en 1994, sauf une baisse en 1992 (mise en place de la Pac). Après une baisse en 1995 (4,7 kg/ha), les ventes de pesticides ont augmenté progressivement jusqu’en 1999 à 6,5 kg/ha (en lien sans doute avec une situation économique plutôt favorable pour les grandes cultures sur la fin des années 90) pour redescendre à 4,2 kg/ha en 2004. Depuis le début des années 2000, le raisonnement des applications phytosanitaires porte donc ses fruits. Attention ! Il faut temporiser ce résultat par un remplacement d’anciennes molécules pondéreuses par des nouvelles matières actives utilisées à un très faible dosage par hectare. Une remarque cependant : si la quantité par hectare a été réduite de 35 % entre 1999 et 2004, en euros, cela ne représente qu’une baisse de 16 %. Entre temps, les anciennes molécules ont été remplacées par des nouvelles molécules, appliquées à très faible dose, mais plus chères !