En Languedoc-Roussillon, l’agriculture biologique se développe plus vite qu’ailleurs pour répondre à une demande internationale. Certains vignerons et coopératives vont plus loin et investissent dans des équipements pour produire de l’énergie propre et/ou retraiter leurs effluents D’autres, sans aller jusqu’à la production biologique, veulent réduire le poids des intrants.
Le développement durable n’est plus l’affaire de quelques écologistes et tout le monde semble vouloir s’y mettre et le dire bien fort. Les viticulteurs bio des débuts sont rejoints par d’autres et ce secteur enregistre de forts taux de conversion depuis une dizaine d’années : 1 488 exploitations en France en 2004, 1 534 en 2005, 1639 en 2006 et 1907 en 2007. Les surfaces s’étendent également et sont passées d’un peu plus de 5000 ha en 1995 à 22 500 en 2007. A priori, le vin bio ne connaît pas la crise, il se vend bien en France et mieux à l’étranger. Pour preuve, le salon Millesime bio consacré à ces produits, qui a débuté modestement à Narbonne il y a 16 ans, a dû s’agrandir l’an dernier en déménageant à Perpignan et cette année au parc des expositions de Montpellier. Le Languedoc-Roussillon est la première région de France en production de vin bio.
Vendre plutôt à proximité
Cette bonne santé du secteur favorise les innovations en faveur de l’environnement. Ainsi, le domaine Clavel à Assas (Hérault), qui produit des AOC Côteaux du Languedoc bio, a recouvert le toit d’un bâtiment (210 m 2) de panneaux photovoltaïques et envisage d’en poser d’autres pour produire la totalité de l’énergie qu’il utilise. Il a réaménagé sa cave pour récupérer l’eau de lavage des cuves et a créé un puit provençal pour réguler la température du chai sans utilisation d’énergie. L’entretien des zones non plantées du domaine est réalisé par un troupeau de brebis. La réflexion va plus loin car le domaine a décidé de rapprocher ses vignes dont une partie est louée à une vingtaine de kms et envisage à présent de réduire sa zone de chalandise.
« Nous étions fiers d’exporter en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis mais pour notre bilan CO 2, il est préférable de vendre en Europe » , explique Pierre Clavel, vigneron depuis 1986.
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Recyclage de l’eau et photovoltaïque
Olivier Durand, à Guzargues (Hérault), aux portes de Montpellier, conserve un domaine de 80 ha composé de vignes et de garrigues, hérité de ses ancètres et qui n’a jamais connu l’agriculture chimique. Il a entretenu un équilibre des écosystèmes sur ses terres et veut à présent y développer le maraîchage bio, aidant à l’installation d’un jeune, afin de coupler les ventes à la propriété (vin et légumes) et d’attirer davantage la clientèle de Montpellier. Actuellement, 40 % des ventes se font au caveau et 18 % au cours de salons.
La cave coopérative de Castelmaure (Aude), qui produit 12 000 à 15 000 hectolitres de vin des trois couleurs sur 3 700 ha, n’a pas fait le choix de l’agriculture biologique mais tente de réduire l’utilisation d’intrants par une meilleure observation des vignes. Elle non plus ne connaît pas la crise. Elle a construit une cave moderne dont l’hygrométrie est régulée par l’eau d’une source voisine grâce à un procédé mis au point par les architectes Lacaton et Vassal. En projet, l’installation de 1000 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit d’un bâtiment et le recyclage des eaux usées pour irriguer les vignes.