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Vin Les Vignerons indépendants veulent négocier la future Pac

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Les Vignerons indépendants, qui ont engagé une réflexion sur la réforme de la Pac, ont présenté à la presse leurs propositions le 12 avril à Paris et ont fait savoir qu’ils veulent être associés aux discussions de l’après-2013 en cours actuellement à Bruxelles. Ils s’inquiètent de l’érosion des exploitations viticoles et attendent des soutiens mieux adaptés.

«Pour les vignerons de France, la mise à l’écart de la filière viticole est injustifiée et a assez duré. Les négociations en cours sur la Pac de l’après-2013 vont profondément modifier les règles transversales c’est-à-dire celles qui s’appliquent aussi à la viticulture », ont-ils déclaré. Les vignerons redoutent que le futur budget agricole soit en baisse et ne veulent pas être absents de la répartition qui va être décidée. Déjà aujourd’hui, la filière contribue à 4,4% de la production agricole de l’UE et n’est bénéficiaire que de 2,7% du budget du 1er pilier de la Pac, rappellent-ils. Ils contribuent pour 15,8% à la valeur de la production agricole française (hors subvention) et ne reçoivent que 3% des aides du premier pilier pour la France.
Mais l’OCM vitivinicole étant en vigueur jusqu’à fin 2015, voire fin 2018 si elle est renouvelée, Bruxelles n’a pas jugé bon d’associer la viticulture aux débats sur la Pac d’après 2012.
Les VIF souhaitent maintenir une régulation macro-économique des marchés. De ce point de vue, la suppression des droits de plantations serait pour eux une erreur. Ils proposent de passer d’une logique de « soutien de marché » à une logique de « maîtrise de cycle », afin que les écarts certaines années entre la production de la vigne – culture pérenne – et les demandes du marché ne soient pas fatals aux petites structures. L’assurance « revenu » pourrait apporter une solution. « Son but serait de garantir un revenu minimal aux viticulteurs lorsque, ponctuellement, les conditions économiques et techniques du secteur sont par trop dégradées », expliquent les VIF. Ils l’assortissent de conditions pour qu’elle soit compatible avec l’OMC et n’induise pas des comportements opportunistes. A côté de l’assurance « revenu », le stockage privé et l’épargne de précaution (rendue obligatoire) pourraient aider à maitriser les cycles, selon les VIF.

34 000 vignerons indépendants en 2000, 25 000 en 2014

Sur le plan de la micro-économie, les VIF attendent un maintien des aides du 1er pilier de la Pac (2,5% du total des subventions agricoles pour 13% des exploitants professionnels agricoles français). Ils sont également favorables au développement durable, s’il répond aux attentes des citoyens. Conscients que les aides du 2e pilier vont monter en puissance, ils attendent qu’elles soient accordées en fonction de l’apport de chacun au développement durable. Mais ils demandent que leurs difficultés d’accès ne soient pas dissuasives. A titre d’exemple, l’OCM vin de 2008, dans le cadre de la modulation, avait déjà prévu une dotation complémentaire en faveur du développement rural de 485,6 millions d’euros pour trois Etats membres, la France,l’Espagne et l’Italie. Entre 2009 et 2013, la France bénéficie ainsi de 142 millions d’euros de crédits supplémentaires pour le développement rural. Sur la campagne 2009/2010, 35 millions d’euros allaient à ce type de développement mais seulement 12,5 millions d’euros auraient été consommés, selon les premières estimations. A cela plusieurs raisons. Leur difficulté de mise en œuvre pour le bénéficiaire, le libre choix des régions dans l’emploi des fonds (y compris pour d’autres secteurs que l’agriculture) et enfin, la nécessité d’un cofinancement des régions à 50%.
Les mesures de soutien aux petites entreprises viticoles sont pourtant indispensables à leur survie, et leur rôle d’aménagement du territoire, de pourvoyeur de main d’œuvre et de producteur de richesse à l’échelon local, régional et national, est aujourd’hui mesuré et reconnu. Il justifie des soutiens à plusieurs niveaux, selon les VIF.
« L’érosion continue du nombre de vignerons indépendants inquiète et doit inquiéter toute la société : 34 000 en 2000, ils seront 25 000 en 2014 selon les projections du Credoc et combien en 2020 ? », a alerté Michel Issaly, président des VIF.
« Pour résumer, nous voulons conserver un outil de régulation, nous voulons une garantie sur l’après-2015 et nous refusons des aides sociales et les droits à paiement unique tels qu’ils sont actuellement. Et nous refusons de ne pas être présents à la table des négociations », a conclut Michel Issaly.

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