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Lait Les Vingt-sept approuvent une augmentation de 2 % des quotas à partir du 1 avril

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En dépit de l’opposition de l’Allemagne et de l’Autriche et de l’abstention de la France, les ministres de l’agriculture de l’UE ont décidé le 17 mars à Bruxelles d’accroître de 2% (2,8 millions de tonnes) les quotas laitiers à compter du 1 avril 2008 pour répondre à l’accroissement de la demande. Il s’agit d’une première étape dans un processus qui doit conduire l’UE à mettre définitivement fin d’ici 2015 au système des quotas, mis en place en 1984.

«Nous devons préparer en douceur l’expiration des quotas laitiers en 2015 », a indiqué Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture pour qui cette hausse s’impose pour répondre à la demande du marché tant dans l’Union que sur le marché mondial. Les quotas doivent augmenter « car nous avons une hausse de la demande pour le lait frais en Europe mais surtout, et c’est à mon avis plus important, parce que de nouveaux marchés s’ouvrent en Asie ». « Si nous ne parvenons pas à mettre le pied dans la porte avec les produits européens de grande qualité, comme le fromage, il sera très difficile d’y revenir plus tard », a-t-elle ajouté.

En décembre, la Commission a publié un rapport qui montre que la demande de lait a fortement progressé entre 2003 et 2007 (5,5 millions de tonnes de lait supplémentaire ont été utilisées) et que cette tendance devrait persister entre 2007 et 2014. Les quantités supplémentaires nécessaires pour faire face à la demande au cours des sept prochaines années sont estimées à 8 millions de tonnes.

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Les craintes de l’Allemagne

Ce premier pas vers une libéralisation de la production n’est pas du goût de l’Allemagne, le premier producteur de lait en Europe. Cette hausse de quotas est « une décision politique erronée », a ainsi protesté le ministre allemand de l’agriculture Horst Seehofer. Selon lui, le moment est mal choisi car si les prix laitiers ont effectivement explosé l’été dernier le problème se pose avec beaucoup moins d’acuité aujourd’hui. « Depuis plusieurs semaines, les prix reculent déjà et l’Allemagne redoute que l’existence de nombreux producteurs soit mise en danger ». La France, pour sa part, aurait préféré que les Vingt-sept se prononcent en faveur d’une augmentation plus modeste. « Le marché de l’économie laitière est un marché instable », a déclaré le ministre français de l’agriculture. Comme son homologue allemand, Michel Barnier a aussi évoqué « des signaux d’un retournement possible du marché ». Devant la presse, Mme Fischer Boel a souligné, en réponse à ces craintes, qu’il « ne s’agit pas de détruire le marché ». Le choix de se servir ou non de ces quantités supplémentaires appartient aux Etats membres, a-t-elle expliqué en substance.

Le débat sur l’avenir du régime laitier européen se poursuivra dans les mois à venir lors des négociations sur le bilan de santé de la Pac. Bruxelles doit proposer d’en finir en douceur avec les quotas d’ici 2015, en prévoyant d’ici là des hausses de 1 % par campagne. Dans une déclaration commune, l’Allemagne, l’Autriche et la France soulignent que cette augmentation de 2 % s’inscrit dans le cadre de la suppression du régime des quotas et que, par conséquent, des mesures d’accompagnement devront être prévues au titre du bilan de santé de la Pac afin de maintenir un minimum de production de lait dans les régions les plus fragiles.