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Union européenne Les Vingt-Sept minorent l’influence de l’agriculture sur la biodiversité

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Alors que le 19 janvier dernier, la Commission européenne a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’évolution très négative de la biodiversité en Europe et dans le monde, appelant notamment à une intervention accrue de la politique agricole dans ce domaine (1), les Vingt-sept, dans un projet de texte de conclusions sur ce thème, minimisent le rôle du secteur agricole, le plaçant sur un pied d’égalité avec les transports, les forêts, la pêche, le commerce et l’énergie.

La biodiversité doit, de façon urgente et au même titre que le changement climatique, être mieux prise en compte par l’ensemble des politiques communautaires, y compris au plus haut niveau, par la stratégie de l’Union européenne à l’horizon 2020, font valoir les experts des Etats membres de l’UE, dans un projet de conclusions. Ce texte, qui a d’ores et déjà fait l’objet de plusieurs modifications, place cependant moins explicitement l’agriculture au centre des efforts à réaliser pour enrayer la dégradation des écosystèmes.

La mise en œuvre incomplète de certains instruments en cause
Les Vingt-Sept « soulignent la nécessité de renforcer les efforts pour intégrer la biodiversité dans le développement et l’application d’autres politiques telles que l’agriculture, la forêt, la pêche, autant que le tourisme, l’aménagement du territoire, les transports, le commerce et le développement ». Ils insistent sur les bénéfices liés à la biodiversité pour l’ensemble de la société, sur le plan du bien-être, de la prospérité et de la croissance économique.
La « mise en œuvre incomplète de certains instruments juridiques, la faible intégration dans les politiques sectorielles, le financement insuffisant, le manque d’instruments supplémentaires pour s’attaquer aux problèmes spécifiques, l’information déficiente depuis longtemps et les connaissances scientifiques insuffisantes » sont pointés du doigt par les Etats membres comme étant les raisons de l’échec de l’Union européenne à respecter les engagements qu’elle s’était fixé, à savoir d’enrayer la perte de la biodiversité d’ici 2010.

Eviter les « points de non retour »
Ils sont favorables à la proposition de la Commission européenne de bâtir un « cadre conceptuel » à long terme ayant pour objectif de préserver, d’évaluer et de rétablir la biodiversité au sein de la Communauté. Ce « cadre » serait assorti d’un « objectif principal » : « enrayer la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques dans l’UE d’ici à 2020 ». A ce titre, des « objectifs secondaires ambitieux, réalistes, réalisables et mesurables pour différents écosystèmes, différents facteurs de changement, différentes pressions exercées sur la biodiversité et différents éléments de réponse » devraient être instaurés.
De plus, malgré les tentatives de plusieurs Etats membres d’assouplir les contraintes pesant sur et à proximité des zones Natura 2000, les conclusions font valoir qu’il est « nécessaire de mettre pleinement en œuvre les directives relatives aux oiseaux et aux habitats naturels, d’achever la mise en place du réseau Natura 2000, en particulier dans l’environnement marin, et de mettre en œuvre les programmes de gestion nécessaires ». Avec un objectif primordial : « se garder de franchir d’autres points de non-retour » en matière de biodiversité.

(1) Voir n°3235 du 18/01/2010.

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