Le jour où le programme de distillation de crise a commencé, le 4 juin, Inter Rhône, l’interprofession viticole des côtes-du-rhône, a annoncé que ses vins « n’iront pas à la distillation », ses stocks n'étant pas pléthoriques. Le vignoble rhodanien est surtout préoccupé par la récurrence des aléas climatiques, et se tourne vers la promotion de ses vins et le déblocage du conflit aéronautique.
Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 4 juin, Inter Rhône, l’interprofession des vins de Côtes du Rhône, s'est évoqué qualité, reprise des dégustations, œnotourisme, promotion à l’export… mais très peu la distillation de crise, alors que celle-ci a commencé le jour même en France. « Nos régions et nos appellations n’iront pas à la distillation », a déclaré Philippe Pellaton, vice-président d’Inter Rhône. D’abord « nos entreprises ne sont pas en surcharge de stocks, ensuite le delta entre le prix proposé pour la distillation (78 € l’hectolitre) et le prix moyen des AOC des Côtes du Rhône ne peut pas nous satisfaire, car les prix de nos vins sont le double ».
La grêle a déjà ravagé 15 % du vignoble des Côtes du Rhône
Philippe Pellaton a enchaîné sur le principal souci du vignoble : « Je suis plus inquiet à propos des aléas climatiques, qui touchent les vignobles de façon quasi-structurelle. Ma préoccupation porte sur les volumes que l’on sera capables de mettre en marché l’an prochain », a-t-il ajouté. La grêle a déjà ravagé 15 % du vignoble des Côtes du Rhône, surtout sur la rive droite du fleuve, a-t-il signalé. "Nos stocks étant plutôt qualitatifs, on ne va pas s’amuser à les mettre à la chaudière, sachant que la vendange de 2020 ne s’annonce pas pléthorique », a-t-il précisé. En dehors de quelques entreprises en difficulté, la distillation « n’est pas une stratégie pour notre vignoble », a résumé Philippe Pellaton.
Étienne Maffre, un autre vice-président d’Inter Rhône, considère qu’il est « important de ne pas puiser dans les fonds destinés à la promotion pour financer des politiques de distillation. Nous nous battons pour préserver ces fonds qui se révéleront nécessaires au redémarrage. »
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Michel Chapoutier : le conflit sur Airbus pourrait se dénouer après novembre
Le conflit sur Airbus, avec ses rétorsions américaines sur le vin français, pourrait se dénouer après novembre, a estimé Michel Chapoutier, président de l’interprofession viticole Inter Rhône, lors de cette conférence de presse. En effet, la pandémie mondiale frappe durement le secteur aérien. « Ça veut dire que les États-Unis vont être obligés d’aider Boeing et l’Europe Airbus, et qu’ils vont se trouver conduits, pour ne pas s’attaquer les uns les autres, à se mettre autour d’une table et à trouver un accord. Ce n’est pas par la rétorsion européenne que l’angle d’accord sera trouvé, mais je pense par l’obligation d’aller vite. »
Toutefois, « quand on parle avec le ministre de Finances, qui est assez actif dans cette négociation, il estime qu’en raison des élections aux États-Unis, Trump s'abstiendra de gérer ce problème avant novembre », a rapporté Michel Chapoutier.
« Ma préoccupation porte sur les volumes que l’on sera capables de mettre en marché l’an prochain »