Après deux saisons difficiles, la situation des vins de Provence s’assainit. « La balance repart dans le bon sens », annonce Jérémy Arnaud, du service économique du Comité interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). Alors que les récoltes 2004-2005 et 2005-2006, abondantes, s’étaient traduites par des stocks historiquement hauts, « on repart sur des volumes de commercialisation importants, qui devraient cette année être proche de ceux agréés », indique le responsable. « Des réajustements de prix, plus tournés vers le cœur de marché, ont permis de regagner des débouchés, surtout sur le vrac qui alimente la grande distribution », explique-t-il. La nouvelle récolte « sans excès, qui devrait jouir d’une bonne qualité», selon le directeur du CIVP, François Millo, et dont les volumes devraient se situer dans la moyenne de ces cinq dernières années, participe à ce retour vers l’équilibre. Tout comme la mise en distillation de près de 35 000 hl d’AOC des Côteaux varois, qui a permis de réduire des stocks excessifs. Cette année, la régulation pourrait ainsi se limiter à une simple mise en réserve, qui sera –ou non- annoncée en octobre.
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Le « créneau rosé » très porteur
Mais si le vignoble provençal sort la tête de l’eau, c’est également grâce au « créneau rosé » dynamique depuis plus de 15 ans et tout particulièrement ces 5 dernières années. A rebours de la tendance globale de baisse de la consommation d’alcool, le vin rosé – plus de 80 % du vignoble provençal – tire son épingle du jeu. « En France comme à l’étranger, sa consommation est en nette augmentation », souligne François Millo. Une conjoncture favorable pour une région « qui produit environ la moitié des vins rosés AOC de France», selon Jérémy Arnaud, et dont l’AOC représente plus de 70 % de la production. Ce positionnement porteur attire les investissements et aiguise les appétits de grandes maisons viticoles françaises. « Une évolution rassurante », souligne François Millo. Le secteur pèse en effet lourd en Provence : avec 20 000 emplois directs ou induits, le vignoble, qui court d’ouest en est, sur près de 200 kilomètres, à travers les Bouches-du-Rhône, le Var, et une parcelle des Alpes-Maritimes, pèserait plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires selon les estimations du CIVP.