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Conseil spécialisé « vin » Les vins de table risquent de manquer sur le marché, selon Jérôme Despey

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Le segment des vins de table risque de manquer sur le marché pour le millésime 2012, a indiqué le président du conseil spécialisé « vins » de FranceAgriMer, Jérôme Despey, le 4 septembre lors de sa conférence de presse de rentrée. Ce risque, préjudiciable pour le marché, est causé en partie par la « petite récolte » qui s’annonce, mais surtout par une carence dans l’organisation du marché, selon le président du conseil spécialisé.

Les vins de table, appelés aussi « vins sans indications géographiques (VSIG) » risquent de ne pas être au rendez-vous cette année, a alerté le président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer. Une raison à cela, c’est « la plus petite récolte depuis 1991 », en raison des conditions climatiques. Et cela non seulement en France, mais aussi en Italie, en Espagne (après une petite vendange en 2011) et en Australie. Mais une autre raison est que ce segment n’est qu’un exutoire aux excédents des vins produits sous signes de qualité, a signalé Jérôme Despey.
 
VSIG : un marché d’exutoire, une offre aléatoire
Les vins de table représentent 5% de la production française, en moyenne sur cinq ans, les vins IGP 25% et les vins AOC 65%, d’après FranceAgriMer.
Ce sont des surplus des segments « encadrés » sur le plan des volumes, des cahiers des charges et des encépagements que sont les segments des vins IGP (indication géographique protégée) et AOC (appellation d’origine contrôlée). Résultat : l’offre des VSIG est « aléatoire », a déploré le président du conseil spécialisé de FranceAgriMer, or « cette année, on risque de ne pas avoir de vins de table, alors qu’il existe un marché pour ce créneau » sur le marché intérieur et surtout à l’exportation. À l’étranger les VSIG ne sont pas perçus comme des vins d’entrée de gamme. Ils y sont souvent valorisés par des marques. Une raréfaction trop prononcée de ce segment à l’export peut faire « décrocher » l’offre française et ce serait préjudiciable à terme pour ses débouchés : « Nous n’avons pas intérêt à avoir des à-coups sur le marché ».
 
« On n’a jamais pu avoir de vraie politique contractuelle »
Certaines marques de négoce, conscientes que la France peut perdre des parts de marché en raison de coûts trop élevés, argumentent qu’il faut laisser à la viticulture la liberté de produire plus de volumes pour que l’offre française et européenne soit plus compétitive. Pour Jérôme Despey, il faut d’abord s’attaquer à l’organisation de marché : « On n’a jamais pu avoir de vraie politique contractuelle et produire spécifiquement pour ce segment ».
Le responsable professionnel a donc appelé à une « réflexion stratégique » de l’ensemble de la filière dans le sens d’une contractualisation pluri-annuelle entre producteurs et metteurs en marché pour lisser les prix d’une année sur l’autre. La contractualisation pluri-annuelle existe dans le secteur du vin, mais elle pas généralisée. L’idée évoquée par le président du conseil spécialisé est d’étendre la pratique de cette contractualisation.
 
On est loin de la flambée des prix
Malgré une récolte qui devrait se situer 8,5 millions d’hectolitres au-dessous de celle de l’an dernier (à 42,5 millions d’hectolitres contre 51 en 2011), le vin devrait connaître cette année une hausse des prix « raisonnable », parce que les prix avaient déjà augmenté de 10 à 15% en 2011. Il faudrait même, selon Jérôme Despey, que le prix de l’hectolitre du vin rouge IGP sortie exploitation du Languedoc-Roussilllon ne descende pas au-dessous de 75 euros.
Ce souci de maintenir les prix, alors que les petits volumes de cette année contribueront à un relèvement, montre que, pour les vignerons, le risque d’emballement des prix n’est pas à l’ordre du jour. Début juillet les stocks étaient encore abondants dans les exploitations viticoles en Languedoc-Roussillon, et le 30 août, Jérôme Despey indiquait lors du point presse du ministre de l’Agriculture, que les vignerons seront confrontés à un manque de cuves pour vinifier leur raisin, leurs cuves étaient encore pleines. Contraints de louer des cuves, ils se trouveront face à un nouveau problème de trésorerie. Ce problème est à l’ordre du jour d’une rencontre avec Stéphane Le Foll en octobre pour étudier les aides possibles au « relogement du vin ».
Par ailleurs, le millésime 2012 réserve un bon potentiel qualitatif, comme c’est souvent le cas lors des petites récoltes. « On voit se passer des choses intéressantes, avec plus de tanins et d’arômes », a-t-il évoqué.

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