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Revenu agricole Les viticulteurs, bergers et laitiers rescapés de la baisse de 2014

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C'est une baisse moyenne de 5% qui vient d'être constatée par les comptes de l'agriculture dont la commission nationale se réunissait le 15 décembre. Baisse constatée par l'indicateur habituellement utilisé, le Revenu courant avant impôts (RCAI). En revanche, si l'on considère un autre instrument statistique, le revenu des facteurs de la branche par actif en termes réels, c'est une hausse de 1% qui apparaît. Quant au revenu net de la branche agricole par actif non salarié, en termes réels, il augmenterait de 6%. Une avalanche de statistiques qui prête à la confusion.

C'est la confusion sur le front des statistiques de revenus agricoles. Chacun pourra y trouver son compte puisque, entre une baisse de 5% (RCAI), une hausse de 1% ou encore de 6% les statisticiens, tant du ministère de l'Agriculture que de l'Insee, aboutissent à des conclusions radicalement différentes. Reste, pour y voir un peu clair, à observer des résultats plus précis des données sectorielles. Ce que permettent les estimations de RCAI : résultats courants avant impôts (RCAI) calculés et publiés par le service statistique du ministère de l'Agriculture.

Selon les chiffres 2014 du SSP (Service statistiques du ministère de l'Agriculture) la quasi-totalité des orientations économiques voient leur revenu baisser sauf les producteurs de lait, les viticulteurs et éleveurs d'ovins-caprins. Ces données concernent les exploitations moyennes et grandes, c'est-à-dire au « produit brut standard » supérieur à 25 000€.

Entre les producteurs de grandes cultures et les laitiers, c'est le grand écart mais pas dans le sens régulièrement constaté. Selon les statistiques du SSP, le revenu des producteurs de grandes cultures est en baisse de 44%. Raison principale : la volatilité des prix mondiaux, de moins en moins régulés par la politique agricole commune. En 2012/2013, le prix du blé payé aux agriculteurs atteignait 215 euros la tonne en moyenne, après 183€ la campagne précédente ; en 2013/2014 il atteignait encore 180 euros. Sur 2014/2015, il sera sans doute redescendu à 150 euros la tonne. Conséquence, sur 2014, en valeur absolue, le revenu moyen des producteurs de grandes cultures atteindrait 17 500 euros (11 400 pour les seules exploitations céréalières).

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Volatilité positive

La volatilité est aussi au rendez-vous pour les producteurs de lait. Mais plutôt sur un mode positif pour 2014. Cette année, le revenu des producteurs de lait progresse de 28%, atteignant un niveau estimé de 30 100€. Une performance qui ne sera sans doute pas renouvelée en 2015. De fortes baisses de prix y sont redoutées pour le lait.  Autres progressions de revenu constatées, celui des viticulteurs (+27%), celui des éleveurs d'ovins et caprins (+23%) tandis que le revenu des élevages avicoles est stable. En revanche, l'arboriculture fruitière (-56%), le maraîchage et l'horticulture (-5,5%), les éleveurs de bovins à viande (-21%) et les éleveurs de porcs (-18%) voient leurs revenus baisser en 2014. Ces données sont encore provisoires, cependant, et peuvent être corrigées lors d'une analyse ultérieure en juin 2015. Dans la plupart des cas, ces productions sont pénalisées par un contexte de marché de forte production et de baisse des prix.

Du coup, selon des chiffres calculés par l'Insee, la valeur globale de la production agricole serait en baisse de 1% en 2014. Les subventions sur les produits seraient en légère hausse (1,1 milliard d'euros) mais les subventions aux exploitations en général seraient en baisse de 0,7% (8 Mrd€). Face à ces recettes qui se réduisent, le coût plus faible des principales consommations intermédiaires (énergie, aliments du bétail, engrais) a permis de limiter, dans certaines productions, les dégâts. La charge en produits de protection des cultures est toutefois en légère hausse en raison de l'effet prix. Selon ces données macroéconomiques de l'Insee, le revenu des facteurs de la branche agricole par actif en termes réels progresserait de 1,2%. Dans un communiqué, le ministère de l'Agriculture utilise pour sa part la donnée : revenu net de la branche agricole par actif non salarié qui progresserait d'environ 6%.