Le projet d’accord sur le vin négocié entre les Etats-Unis et l’Europe, signé le 15 septembre par la Commission européenne, ne fait pas l’unanimité. Les organisations professionnelles réunies au sein de l’Association générale de la production viticole (AGPV), s’opposent au projet tel qu’il est. Elles ont alerté le ministre de l’Agriculture par un courrier du 7 septembre et l’appellent à la «plus grande fermeté» au cours des discussions qui vont s’ouvrir.
Plusieurs points sont critiqués par l’AGPV, notamment en matière de pratiques œnologiques, de statut des semi-génériques et d’indications géographiques. En matière de pratiques œnologiques, les dérogations dont bénéficient les Américains seraient «régularisées», précisent les organisations de viticulteurs. Et cela couvre l’adjonction d’eau (limite de 7% si justifiée sur le plan technique avec tolérance de 1,5%).
En ce qui concerne les noms des semi-génériques (Burgundy, Chablis, Champagne, Chianti, Claret, Haut Sauterne...), l’administration américaine s’engage à obtenir un changement de statut. Cependant, les producteurs qui, avant la signature de l’accord, utilisaient un nom de semi-générique pourraient continuer à l’utiliser.
« Accord déséquilibré »
D’autre part, les Etats-Unis ont refusé d’inclure dans le texte le terme d’indication géographique. « Un mauvais signal pour les indications géographiques à quelques semaines des prochaines négociations de l’OMC qui se tiendront en décembre à Hong Kong», observe un responsable.
Enfin, les Américains acceptent que les vins de qualité (VQPRD) soient protégés par le biais des règles d’étiquetage mais avec des exceptions importantes.
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« La signature de ce projet d’accord constituerait un précédent préjudiciable dans les négociations bilatérales ou multilatérales futures», selon l’AGPV.
La position du Copa Cogeca est identique. « Cet accord est déséquilibré, a déclaré le 15 septembre Jean-Louis Piton, président du groupe vin. Nous sommes très inquiets quant aux pratiques oenologiques car nous allons vers un système très libéral, avec des vins aromatisés. D’autre part, les semi-génériques américains continueront à être utilisés aux Etats-Unis ainsi que dans les pays tiers, ce qui va entretenir la confusion avec les vins français».
En revanche la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) estime qu’il s’agit d’un «accord raisonnable», qui «doit permettre (...) de rétablir un climat de confiance et d’assurer la fluidité de nos échanges commerciaux», même s’il doit être suivi d’une «deuxième phase» de négociation, en matière notamment de «propriété intellectuelle» ou de «participation dans les instances internationales».