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Manifestation Les viticulteurs réclament un plan gouvernemental face à la crise

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Les viticulteurs français devaient manifester le 8 décembre, pour la première fois dans une quasi-unité, dans sept villes. Ils entendaient réclamer au gouvernement un plan de mesures pour sortir de la crise dans laquelle la filière se trouve plongée depuis plusieurs mois.

Les organisations agricoles et viticoles demandent au gouvernement d’agir en réponse au « Livre Blanc » sur le vin présenté par des parlementaires au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, en juillet dernier. « Nous avons besoin d’un “plan Bussereau” pour les viticulteurs car les cours sont extrêmement bas», a affirmé Bernard Layre, président des Jeunes agriculteurs (JA) au cours d’une conférence de presse commune aux organisateurs. Les viticulteurs, qui devraient manifester à Bordeaux, Avignon, Mâcon, Tours, Angers, Nantes et Blois, demandent également à M. Raffarin de revenir sur sa décision de s’opposer, au Sénat, à l’amendement parlementaire assouplissant la loi Evin sur la publicité sur le vin.

Ils réclament un soutien financier, dont une aide de 10 000 euros à la trésorerie pour les viticulteurs de moins de 40 ans et l’augmentation de l’enveloppe pour inciter les viticulteurs de 55 ans à partir en pré-retraite.

Parmi leurs revendications figurent également l’amplification du régime de restructuration et de reconversion du vignoble, la mise en place d’un régime d’arrachage temporaire, l’instauration d’un fonds d’allégement des charges et des aides pour permettre la distillation des excédents.

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Crise structurelle

Pour M. Verdier, président de la Confédération des coopératives viticoles de France (CCVF), « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la campagne publicitaire du ministère de la Santé laissant entendre que la consommation de vin pouvait entraîner le cancer ». « Il faut arrêter sa vente, si le vin donne le cancer », s’est insurgé Pierre Aguilas, président de l’Association générale de la production viticole (AGPV).

Alors que la consommation de vin continue de baisser en France (environ 3 % cette année) la récolte a été cette année très abondante avec 58,9 millions d’hectolitres, ce qui contribue à accentuer la crise structurelle. Surtout, les vins français subissent depuis plusieurs années la vive concurrence des vins du Nouveau Monde. L’année 2004 devrait se terminer sur une baisse des exportations françaises alors que l’écart entre production et consommation se situe entre 52 et 63 millions d’hectolitres au niveau mondial.