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Réforme de la Pac Les zones de montagne « garderont une place importante »

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La Commission européenne entend donner plus de visibilité aux différentes aides auxquelles peuvent prétendre les exploitations situées en zone de montagne et maintenir, voire renforcer, au-delà de 2013, les soutiens spécifiques pour ces régions, indique un document de travail sur les « nouvelles perspectives pour l’agriculture de montagne dans l’Union européenne ».

S’adressant aux professionnels de l’agriculture de montagne, le 3 décembre, à Alpbach, en Autriche, la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, s’est félicitée que ces territoires classés parmi les zones défavorisées aient été en moyenne plus dynamiques que les autres depuis 1995. Mais, les disparités de revenus entre les zones montagneuses et les zones non défavorisées restent importantes, a-t-elle relevé.
Le revenu moyen par actif en zone de montagne est de 13 800 euros par an, contre 18 900 euros pour les autres territoires. Ceci pourrait justifier, dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune, un relèvement du niveau d’aide maximum qui leur est attribué si c’est « objectivement nécessaire », a fait valoir la commissaire à l’agriculture qui s’est toutefois bien gardée de « préjuger » des débats à venir sur la réforme.

Approche flexible
Une approche flexible et différenciée pourrait être retenue : les situations décrites par les services de la Commission européenne dans leur rapport sur les « nouvelles perspectives pour l’agriculture de montagne dans l’Union européenne » varient considérablement selon les massifs montagneux. Même si partout prédominent les exploitations orientées vers l’élevage. Les experts estiment par exemple qu’il n’existe pas de risque plus élevé qu’ailleurs de désertification ou d’abandon des exploitations dans les montagnes polonaises, espagnoles ou françaises. Ce qui est moins sûr dans les pays d’Europe orientale. De plus, les exploitations situées dans les vallées souffrent de la pression touristique et du développement urbain. Mais en contrepartie, elles bénéficient de nouveaux débouchés pour leurs produits et de possibilités de diversification dans des activités non-agricoles, indique le rapport.

Label « agriculture de montagne »
A court terme, la Commission estime qu’il est nécessaire de promouvoir les outils existants pour soutenir l’agriculture de montagne, c’est à dire les aides directes – avec la possibilité de les augmenter par le biais des marges de manœuvres accordées aux Etats membres dans le cadre du bilan de santé (article 68) –, et le fonds de développement rural. Il est aussi prévu, dans le cadre de la révision de la politique de qualité des produits agricoles, d’améliorer les outils de promotion des produits issus de l’agriculture de montagne.

26,6 millions d’hectares en Europe
Les zones de montagne classées parmi les zones les moins favorisées représentent quelque 18 % des exploitations, 15% des terres agricoles utilisées (26,6 M ha) et 18% de la force de travail agricole. On les rencontre principalement en Espagne (7,4 millions d’hectares), en Italie (4,3 M ha), en France (3,99 M ha) et en Roumanie (2,7 M ha). Ces quatre pays regroupent à eux seuls 69% du total des régions de montagnes en zone défavorisée. Mais en Finlande, en Slovénie et en Autriche, ces zones sont également importantes étant donné que la montagne occupe plus de 50% du territoire de ces pays.

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