Les AOC fromagères, réunies en assemblée générale le 4 septembre à Besançon, attendent beaucoup du livre vert que la Commission doit présenter en octobre au Sial de Paris sur sa politique des produits de qualité. Alors que les quotas laitiers cèderont la place à un marché plus libéralisé, la filière s’inquiète du système de maîtrise de l’offre.
Le livre vert, document dans lequel la Commission européenne a décidé de réunir les éléments de sa politique de qualité, sera adopté le 15 octobre et présenté le 19 au Sial de Paris par la commissaire à l’Agriculture Mariann Fischer-Boel. Plusieurs dossiers inclus dans ce livre vert concernent directement les AOC, à commencer par la maîtrise de l’offre des AOC laitières, un sujet qui « va devenir particulièrement d’actualité », du fait de la libéralisation des quotas laitiers.
« Plonger les filières AOC dans les errances du marché mondial sans mécanisme correcteur, c’est à coup sûr promouvoir leur banalisation », a déclaré Bernard Pellicier, président de l’organisation dans son rapport moral. Cela reviendrait « à les faire renoncer à ce qui constitue leur essence même d’élément patrimonial, facteur d’aménagement de territoire et de préservation de la biodiversité et de la qualité environnementale », a-t-il détaillé.
Vers un amendement au Parlement européen
Pour faire aboutir ce dossier de la maîtrise de la production, la FNAOC participe à un groupe de travail professionnel, afin de promouvoir l’adoption par le Parlement européen d’un amendement à la proposition de réforme de l’OCM unique. Cet amendement prévoit de donner aux structures interprofessionnelles des AOC les mêmes prérogatives que celles qui sont déjà autorisées pour les groupements de producteurs, à savoir « assurer la programmation de la production et son adaptation à la demande », en quantité comme en qualité. Bernard Pellicier s’est félicité de la collaboration des AOC italiennenes sur ce dossier.
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Autre point européen sur lequel l’organisation se montre vigilante, celui de l’utilisation du nom des AOC dans un plat cuisiné par un industriel. « Nos AOC sont démunies en cas d’usage abusif de leur nom, sauf à aller devant un tribunal, avec les aléas et les délais que l’on sait », a précisé le président de l’organisation. Cette dernière œuvre aux côtés de ses partenaires italiens pour que cette question soit abordée dans le livre vert.
La FNAOC se déclare par ailleurs favorable à l’abandon des paiements historiques. Elle approuve la volonté de la Commission de déterminer ces paiements sur une base régionale et par hectare, parce qu’elle permettrait « une meilleure répartition des aides et un rééquilibrage au bénéfice d’agricultures moins favorisées ». Elle « regrette que les organisations professionnelles nationales s’y opposent ». Mais elle soutient ces dernières sur la réorientation des aides au bénéfice des herbages, car elles se sont ralliées cette idée.