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66e Congrès de la FNPF L’espoir d’un « paquet fruits » pour les arboriculteurs

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Bruno le Maire a plaidé, jeudi 26 janvier, pour la transposition du paquet lait à la filière fruits. Une annonce qui est venue clore le 66e congrès de la FNPF qui a réuni pendant deux jours environ deux cents personnes, à Canet-en-Roussillon.

Le président de la FNPF, Bruno Dupont, a de quoi (enfin) se réjouir. Après une année 2011 « terrible » pour les producteurs de fruits victimes de « crises en série », rappelées à l’occasion du 66e congrès de la FNPF, du 25 au 26 janvier, à Canet-en-Roussillon, une annonce leur a permis d’entrevoir la possibilité de jours meilleurs. Alors qu’ils réclamaient une mesure de soutien d’urgence, – « maintenant ! sinon, demain, on meurt », a répété le trésorier de la FNPF, Luc Barbier lors du congrès –, le ministre de l’Agriculture a en effet annoncé, lors de la clôture de l’évènement, sa volonté de voir le paquet lait transposé à la filière fruits. Il leur a même proposé plus : « Pour les trois mois de certitude en tant que ministre de l’Agriculture, je peux vous dire que la production de fruits fait partie de mes priorités », a-t-il déclaré. Afin d’enrayer « la situation de recul » que connaît la filière arboricole, « je me battrai pour obtenir dans les trois mois qui viennent une vraie régulation des marchés européens ». Une mesure qui ne doit pas se limiter à « certaines filières » : « Nous avons obtenu le paquet lait. Tant mieux. Je veux la même chose pour les producteurs de fruits ». Pour ce faire, il a plaidé en faveur « d’indemnités adaptées au niveau réel des coûts et des prix dans les différents Etats », combinées à « un dispositif de retrait plus efficace » et à des compléments d’aide nationale qui dépasse le « de minimis », soit le plafond de 7 500 euros. « Je souhaite également que nous ayons des fonds de mutualisation » afin de sécuriser les revenus des producteurs de fruits établis à seulement 4 700 euros sur un an en 2011. Pour que cela ne se reproduisepas, « voilà le cap que je fixe en matière de Pac », a prévenu le ministre de l’Agriculture.

La grande distribution en ligne de mire
« Nous devons aussi continuer à avancer sur les relations commerciales », a poursuivi Bruno Le Maire, en faveur d’une équité entre les producteurs et les grands distributeurs « qui est aujourd’hui loin d’être le cas ». Malgré les mesures prises par le ministre pour mieux encadrer les pratiques commerciales, « il me remonte quasiment tous les jours des dossiers dans lesquels on voit que sur l’interdiction des remises sur les rabais, sur les ristournes, sur l’encadrement des remises après vente, certains acteurs de la grande distribution ne jouenrt pas le jeu ». Les sanctions pourraient être durcies, a-t-il annoncé. « Dans les trois mois qui viennent, nous regarderons par ailleurs comment nous pouvons renforcer l’observatoire des prix et des marges pour garantir une répartition plus juste de la valeur ajoutée au profit des producteurs. »

La mise en place d’une cotisation obligatoire
Le ministre est revenu également sur la nécessité d’alléger les charges sur le coût du travail. Une démarche qui doit être franco-française, selon lui, mais à combiner avec une harmonisation sociale européenne demandée quelques minutes plus tôt par Bruno Dupont. Il s’agit d’« éviter que les rémunérations dans le secteur agricole soient systématiquement tirées vers le bas ». La convergence devra aussi s’opérer en matière phytosanitaire, un combat que le ministre entend là aussi mener durant ces trois prochains mois.
Mais Bruno Le Maire a aussi demandé aux producteurs de fruits un nouvel effort. La mise en place en 2011 de la caisse de solidarité, financée à 70 % par l’Etat, nécessite désormais un complément : l’instauration d’une cotisation obligatoire.

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