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L'essentiel de ce qui s'est passé cet été

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Mise à part l'actualité concernant la crise de l'élevage, qui a fait l'objet du sujet de Une dans le numéro d'Agra Presse du 31 août, ou encore d'autres évènements qui ont fait l'objet d'articles en tant que tel, l'essentiel de l'actualité de fin juillet et début août est évoqué ci-dessous.

Lait : un projet d'exploitation laitière de 100 000 vaches en Chine pour livrer la Russie

La presse chinoise annonce la création en Chine d'une ferme laitière de 100 000 têtes dont la production sera entièrement destinée au marché russe, rapporte le numéro de juillet de la lettre de veille et d'analyse de l'économie de l'élevage en Chine. Le projet est porté par une société chinoise, Zhongding Dairy Farming, et une société russe d'équipements miniers. « Située dans le Heilongjiang (nord-est du pays, ndlr), l'investissement coûtera 1 milliard de yuans (140 millions d'euros) et la ferme-usine accueillera 100 000 vaches, explosant le “record” actuel, 40 000 vaches dans une exploitation appartenant à Dairy Farming », explique la lettre de veille. L'alimentation proviendrait de 100 000 hectares de terres situées en Russie.

Un projet de R&D sur un robot agricole polyvalent, soutenu par le gouvernement

Le pôle de compétitivité Végépolys a annoncé le 27 juillet le lancement d'un projet qu'il a labellisé, de recherche-développement (R&D) sur un robot agricole polyvalent. Ce projet, baptisé PUMAgri, est prévu sur trois ans, avec un appui du Fonds unique interministériel (FUI), à hauteur de 1,5 M€, sur un total de 3,5 M€. Il consiste à mettre au point « une machine intelligente capable de s'adapter à des conditions difficiles » en maraîchage, viticulture, arboriculture, voire grandes cultures, diminuant la pénibilité des tâches agricoles et les quantités d'herbicides. Parmi les partenaires : la Sitia (Société d'innovations technologiques et industrielles avancées), la coopérative Terrena.

La part d'exploitants jugeant leur situation mauvaise n'a jamais été aussi élevée depuis 2011

Selon le dernier baromètre Ifop-FNSEA conjoncture agricole paru le 28 juillet, la part d'exploitants jugeant la situation économique mauvaise n'a jamais été aussi élevée depuis 2011. A la question « Comment évaluez-vous la situation économique actuelle de votre exploitation ? », 37% des agriculteurs interrogés ont répondu « mauvaise » en juin 2015, contre 26% en juin 2014 et en juin 2013. Réalisé depuis 2009, ce sondage n'a pas enregistré un tel niveau depuis juin 2011 (38%). En juin 2011, le climat était la principale difficulté mise en avant par les agriculteurs (devant les prix et les charges). En juin 2015, c'est le prix de la production qui est en tête, devant les charges d'exploitation et la réglementation. Enfin 45% des agriculteurs interrogés en juin 2015 disent avoir rencontré des « difficultés importantes » lors des trois derniers mois, contre 38% en mars.

Les consommateurs plus nombreux à trouver les fraises et tomates à leur goût

Selon une enquête du CLCV diffusée ce 27 juillet, les consommateurs sont plus nombreux à trouver les fraises et tomates à leur goût que l'année dernière dans une enquête similaire. Pour les fraises, en 2014, ils étaient 43 % à être satisfaits contre 53 % cette année. En ce qui concerne les tomates, en 2014, 27 % des consommateurs les jugeaient satisfaisantes tandis qu'en 2015 ils sont 38 %. 31% des personnes sondées jugent les fraises « ni bonnes ni mauvaises » et 34% font le même commentaire pour les tomates. Le test a été effectué avec des échantillons de 12 à 50 consommateurs dans 24 départements, entre le 11 mai et le 22 juin.

Viandes : la Coface réactive sa garantie financière pour la Grèce

La Coface, leader mondial de l'assurance-crédit « a réactivé sa garantie financière pour la Grèce ce matin », a annoncé Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, le 29 juillet. La Grèce représente 9,5% des exportations françaises de viande bovine et 4,9% en viande porcine. Lors d'une conférence de presse, il est revenu sur l'importance des négociations actuelles pour favoriser les exportations de viandes, d'animaux en vif et de lait. « Nous avons réuni aujourd'hui les ambassadeurs de plus d'une dizaine de pays pour faire le point avec eux », a-t-il fait remarquer, notamment vis-à-vis du nouveau statut sanitaire de la France par rapport à l'ESB (vache folle). Il parle de la persistance de mesures tarifaires ou législatives, voire de « mauvaise foi », freinant les négociations.

Naissance de Val Union BFC Semences

Val Union et BFC Semences ont annoncé le 29 juillet leur fusion, avec un effet rétroactif au 1er juillet 2014. « En créant l'union Val Union BFC Semences, les coopératives Dijon Céréales, Bourgogne du Sud et Interval, avec la participation de 110 Bourgogne et Terre Comtoise, souhaitent donner une nouvelle dimension et redynamiser la filière semences en Bourgogne Franche-Comté », selon un communiqué. La nouvelle structure vise la production de semences hybrides (maïs, blé, orges…) et fourragères. Elle compte un noyau de 300 agriculteurs sur près de 8 000 ha en multiplication, dont 3 500 ha de blé, 1 700 ha d'orges, 800 ha de soja, 750 ha de maïs et des essais en tournesol et colza. Les stations de Bèze et Genlis (Côte-d'Or) sont majoritairement orientées vers la production de semences pour les adhérents et le site de Ciel (Saône-et-Loire) vers le maïs en partenariat avec de nombreux obtenteurs. Ce dernier vise 1 500 à 2 000 ha de maïs hybrides à moyen terme et sera opérationnel pour le triage de semences fourragères (trèfle violet, luzerne), précise le communiqué. La présidence de Val Union BFC Semences est confiée à Jean-Louis Bau-dard (Interval), la direction stratégique à Michel Duvernois (Bourgogne du Sud), la direction opérationnelle à Marc Grangeot (Dijon Céréales).

Négoce agricole : un deuxième trimestre difficile pour le géant Bunge

Le géant américain de l'agrobusiness Bunge a traversé un 2e trimestre ardu, réalisant un résultat net divisé par trois (86 millions de dollars) qu'il attribue jeudi à un environnement global « difficile » pour le commerce et la distribution. Au deuxième trimestre 2014, le résultat net avait atteint 288 millions de dollars. Le premier semestre, avec un résultat net de 349 millions de dollars, est cependant sauvé par la bonne tenue des trois premiers mois de l'année (avec 263 millions de dollars) et le p.-d.g. du groupe de White Plains (New York), Soren Schroeder, cité dans le communiqué, se montre optimiste pour la fin de l'année.

La gestion du risque en agriculture ne concerne pas que les producteurs

Dans sa publication de juillet, Analyses et Perspectives (n°1508), le réseau des chambres d'agriculture constate que la gestion du risque n'est pas que le problème de l'agriculteur. « Il ne saurait être question de leur faire porter individuellement le poids d'une gestion des risques. Les entreprises privées, comme les assurances, sont des acteurs à part entière dans ce management des risques », note l'étude. Les risques se sont multipliés et parfois accumulés ces dernières années pour les agriculteurs : risque climatique, risque financier, risque de marché, etc. Après avoir définit le risque, l'étude analyse l'ensemble des solutions possibles et surtout prône l'innovation auprès des puissances publiques et de Bruxelles. Les entreprises privées comme les assurances sont également mises en avant. « Les filières agricoles sont en phase d'élargissement, posant du coup le problème des relations entre ces acteurs », conclut entre autres l'étude.

La pomme française pourra de nouveau être exportée au Vietnam

Les producteurs français de pommes pourront de nouveau exporter leurs fruits vers le Vietnam, marché qui leur était fermé depuis 2014, a annoncé le 2 août le gouvernement, qui salue la reprise des exportations. « M. Cao Duc Phat, ministre (vietnamien) de l'Agriculture et du développement rural, (...) vient d'annoncer avoir pris la décision de rouvrir, à compter du 15 août 2015, le marché vietnamien aux pommes d'origine française, qui était fermé depuis 2014 », indiquent dans un communiqué commun le ministère français de l'Agriculture et les secrétariats d'Etat au Commerce extérieur et au Commerce. Le gouvernement précise être mobilisé « afin de donner aux autorités vietnamiennes toutes les assurances requises sur la qualité de nos contrôles », et souhaite « un démarrage rapide des expéditions alors que la récolte va démarrer ».

Nouvelles régions : les Draaf ne seront pas toutes situées dans les chefs-lieux

« Le tiers des sièges des directions régionales sera implanté hors chefs-lieux afin de prendre en compte les spécificités de chaque territoire », a annoncé le gouvernement dans le cadre de la réorganisation de l'administration territoriale, le 31 juillet. Ainsi, les directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) ne seront pas toutes localisées dans les nouveaux chefs-lieux. La Draaf d'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine sera située à Châlons-en-Champagne, celle d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente à Limoges, celle d'Auvergne-Rhône-Alpes à Clermont-Ferrand, celle du Nord-Pas-de-Calais-Picardie à Amiens et celle de Normandie à Caen. Par ailleurs, les directions régionales de l'environnement de l'aménagement et du logement sont aussi délocalisées du chef-lieu pour certaines régions. La Dreal d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente se trouvera à Poitiers, celle de Bourgogne-Franche-Comté à Besançon.

Huiles végétales : Avril annonce l'acquisition du britannique Kerfoot Group

Le groupe Avril (huiles et protéines végétales) annonce dans un communiqué du 3 août l'acquisition de la société britannique The Kerfoot Group, spécialisée dans la distribution et le conditionnement d'huiles végétales. Cette acquisition permet au groupe d'étendre « le périmètre de ses activités au Royaume-Uni, ouvrant la voie à de nouveaux débouchés à l'international pour les huiles végétales produites par Saipol », explique le communiqué. Fondée en 1980, cette société britannique est spécialisée dans les huiles destinées à l'agroalimentaire, l'industrie cosmétique et la restauration hors domicile. Elle a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 74 millions de livres sterling (105M€).

Bonduelle affiche un chiffre d'affaires en hausse, grâce au marché « hors Europe »

À 1981,8 M€, Bonduelle a clôturé l'exercice 2014-2015 avec une hausse de son chiffre d'affaires de 3,2% par rapport à l'exercice précédent, selon un communiqué du groupe diffusé le 4 août. Une « performance » au vu de « l'atonie de la consommation et la concentration de la distribution en Europe ». Le chiffre d'affaires en Europe reste d'ailleurs stable (1281,3 M€), Bonduelle ayant fait le choix de « volumes des légumes en conserve aux marques distributeurs […] à la baisse du fait de niveaux de prix insatisfaisants ». Le groupe réalise sa progression sur le marché « hors zone Europe » (+9,4%) en poursuivant son développement aux Etats-Unis, au Canada ou même au Brésil.

Viande bovine : les investissements chinois à l'étranger vont se développer (Rabobank)

Les investissements à l'étranger des entreprises chinoises du secteur viande bovine n'en sont qu'à leur commencement, prédit la Rabobank dans son dernier rapport paru le 5 août. Selon la banque néerlandaise, les investisseurs chinois joueront un rôle important dans le marché mondial de la viande bovine au cours des dix prochaines années. Elle parie qu'avec une production intérieure faible, et une demande en forte croissance (+2,2Mt d'ici 2025), le secteur viande bovine chinois sera « très intégré » au reste du monde. Au-delà du problème de volume, le marché chinois montre un « fort potentiel pour la valeur ajoutée et les produits de marque », estime Rabobank. L'Australie reste la destination la plus attractive pour les investissements chinois, l'Amérique du sud devient une nouvelle destination intéressante, et les États-Unis une région « incertaine ».

Mise en place d'une couverture sociale durant le parcours d'installation (JO)

Les personnes engagées dans un plan de professionnalisation en vue d'une installation en agriculture pourront désormais bénéficier d'une couverture sociale durant cette période. Un décret paru au Journal officiel le 5 août précise les conditions d'accès à cette disposition introduite dans la loi d'avenir en octobre 2014. Le contrat de couverture doit être conclu au plus tard deux mois suivant l'agrément du plan de professionnalisation. Il est conclu pour une durée d'un an, et peut être renouvelé pour une durée maximale d'un an lorsque les actions prévues dans le plan n'ont pas été réalisées. Il prend fin lorsque le plan de professionnalisation est validé par le préfet ou lorsque son bénéficiaire atteint son 41e anniversaire. Le décret entrera en application le 6 août.

Industries agroalimentaires : la tendance 2015 proche de 2014

La tendance de la production des industries agroalimentaires (IAA) s'avère stable par rapport à l'année dernière, selon les données Agreste publiées le 4 août 2015. En volume, la production issue de viande est en légère hausse (+1% par rapport à mai 2014) tandis que les produits laitiers diminuent de plus de 2%. Les prix à la production restent stables, soutenus par les boissons, la tendance pour les produits hors boissons étant baissière. Les prix à la consommation sont en légère hausse. Le chiffre d'affaires des IAA se maintient, restant stable pour les produits issus de viande et en baisse de 4,5% pour les produits laitiers. L'excédent des échanges internationaux diminue légèrement.

Les prix des denrées alimentaires de base au plus bas depuis presque six ans (FAO)

Les cours mondiaux des principales denrées alimentaires de base (viandes, produits laitiers, céréales, huiles végétales, sucre) ont atteint, en juillet, leur niveau moyen le plus bas depuis septembre 2009, annonce l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture (FAO), le 6 août. L'indice FAO, qui agrège les cours de ces 5 denrées, a atteint 164,6 points en juillet, soit 19,4% de moins que son niveau en juillet 2014. Pour la FAO, la baisse est due au glissement sur le dernier mois des prix des produits laitiers (-7,2% par rapport au mois de juin) et des huiles végétales (-5,5%). L'indice des huiles végétales a par exemple atteint son niveau le plus bas depuis juillet 2009.

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Féverole : les producteurs veulent plus de moyens de lutte contre la bruche

Alors que la moisson 2015 n'est pas encore terminée, la Fédération des producteurs de protéagineux (Fop) s'inquiète, dans un communiqué paru le 6 août, du très fort taux d'infestation par la bruche (insecte ravageur) dans les cultures de féverole. Une situation qui confirme, pour la Fop, « l'actuelle absence de véritables solutions de protection des cultures liées à la remise en cause permanente des produits et modalités de traitement ». La culture a par ailleurs pâti de la sécheresse depuis mai, et des coups de chaud de juin, si bien que la Fop s'attend à une récolte « décevante voire mauvaise », et s'inquiète de l'avenir de cette culture. « Sacrifier ainsi une production qui est pourtant un véritable atout et offre un tel potentiel tant pour les abeilles, que pour l'alimentation animale ou humaine est une hérésie complète à l'heure où l'on parle d'agro-écologie, de rotation des cultures et de biodiversité », estime le président de la Fop, Gérard Tubery.

Lait : Fonterra annonce une forte baisse des prix aux producteurs

La coopérative néo-zélandaise Fonterra, a annoncé, le 7 août, une nouvelle baisse du prix d'achat à ses producteurs, à cause d'une faible demande et des stocks excédentaires. Fonterra paiera ses fermiers 3,85 dollars néo-zélandais (2,3 €) par kilo de matière sèche pour la saison se terminant le 31 mai 2016. La coopérative avait pourtant prévu fin mai un retour à la hausse des prix pour la saison 2015/16 à 5,25 dollars (3,14 euros). Cet écart est dû « à l'important déséquilibre dans le marché mondial du lait entre la faible demande et les stocks excédentaires », explique le président de Fonterra, John Wilson. « Cela sera une saison dure pour nos producteurs », prévient-il, se disant pourtant « confiant » sur une remontée des prix au cours de la saison. Fonterra a annoncé en juillet la suppression de plus de 500 emplois pour répondre à la baisse des cours.

Pommes de terre de conservation : des rendements annoncés en forte baisse

Alors que la campagne de primeurs touche à sa fin, les premiers éléments disponibles sur la récolte de pommes de terre de conservation font état d'un « contexte de baisse de production significa-tive par rapport à l'année dernière (récolte 2014 pléthorique) », causé par la baisse des surfaces (-2%) et des rendements en net recul, annonce l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) dans un communiqué le 7 août. D'après les prélèvements effectués par l'UNPT, « même si cela ne présage en rien du chiffre définitif », les rendements sont en baisse de 17%, par rapport à la moyenne décennale, à date identique. Le manque de précipitations a eu « un impact négatif sur la tubérisation (nombre moyen de tubercules par plantes), qui est moyenne à faible cette année », constate l'UNPT. La production est annoncée entre 4,7 et 5,3 millions de tonnes (la moyenne décennale est de 4,9 millions de tonnes), « ce qui permettra à l'ensemble de la filière pomme de terre de retrouver des marges de manœuvre, après une campagne 2014/15 très difficile, voir catastrophique pour bon nombre de producteurs », estime l'UNPT.

La sécheresse contraint l'Espagne à importer de l'huile d'olive

L'Espagne, premier producteur mondial d'huile d'olive, est contrainte par la forte sécheresse qui frappe le sud du pays à recourir aux importations, a indiqué, le 10 août, un responsable du secteur. « Nous avons connu un mois d'avril et un mois de mai très chauds qui ont affecté la floraison, entraînant d'emblée la perte d'une partie de la récolte », a déclaré Enrique Delgado, le secrétaire de la Fédération espagnole de l'industrie des producteurs d'huile. Pour combler cette baisse de production, l'Espagne a recours aux importations d'huile, principalement de Tunisie, qu'elle réexporte ensuite hors Union européenne, principalement dans des pays émergents, afin de garder sa part de marché. L'Espagne satisfait 45% de la demande mondiale, ce qui en fait le leader du marché devant l'Italie. La vague de chaleur qui a frappé le sud de l'Espagne n'a pas arrangé la situation : « Les olives ont moins de poids et elles produisent moins d'huile », reconnaît le responsable, qui s'attend à une récolte située dans une fourchette entre 1,1 et 1,2 million de tonnes, soit près d'un tiers de moins que l'an dernier.

Semences de blé tendre non traitées : prorogation de la dérogation à la norme carie

Le ministère de l'Agriculture a reconduit, pour la campagne 2015-2016, la dérogation exceptionnelle accordée depuis deux ans à la norme « carie » en semences de blé tendre non traitées indemnes de spores de carie, destinées à l'agriculture biologique, annonce le Gnis (interprofession des semences) dans un communiqué le 11 août. Cette dérogation est liée à un problème persistant d'approvisionnement dans cette filière. La norme de certification française est de zéro spore de carie (Tilletia sp.) dans le règlement technique de certification. La dérogation en semences non traitées était de 20 spores pour la campagne 2014-2015 ; elle est passée à 10 spores/gramme pour 2015-2016. Les lots de semences certifiées utilisant cette dérogation porteront la mention « présence maximale de 10 spores de Tilletia sp. par gramme » sur l'étiquette de certification.

Commerce extérieur : un excédent agroalimentaire en hausse sur le premier semestre

Sur les six premiers mois de l'année 2015, l'excédent agroalimentaire de la France atteint 4 497 millions d'euros, en hausse de 322 millions d'euros par rapport au premier semestre 2014, annonce le ministère de l'Agriculture dans une note de conjoncture parue le 12 août. Les exportations progressent plus rapidement (+ 1027 millions d'euros) que les importations (+ 706 millions d'euros). L'excédent était en baisse sur les deux premiers mois de l'année, mais progresse depuis mars, porté par la hausse des exportations vers les pays tiers.

Produits alimentaires : prix en baisse en juillet, en hausse sur l'année

En juillet 2015, les prix à la consommation des produits alimentaires (frais et hors frais) « toutes formes de vente confondues » sont en baisse de 0,5% par rapport au mois de juin et en hausse de 0,4% sur un an, relèvent les indicateurs de l'Insee publiés le 13 août. Le recul mensuel s'explique notamment par la baisse saisonnière des prix des fruits (-4,4%) et des légumes (-5,3%) frais. Hors produits frais, les prix sont « stables pour le 4e mois consécutif » et en baisse de 0,2% sur un an, indique l'Insee. Des contrastes s'observent selon les produits : -2,1% sur un an pour le lait, le fromage et les œufs, +0,5% pour la viande. En grande distribution (GD), les prix de la viande augmentent de 0,2% en juillet, après deux augmentations successives de 0,3% en mai et 0,1% en juin. Sur un an, ils restent cependant « globalement inchangés » alors qu'en juillet 2014, l'Insee constatait une hausse des prix annuelle de la viande en GD de 0,4%.

OGM : des « faucheurs volontaires » pénètrent dans les locaux de l'Inra à Colmar

Plusieurs dizaines de « faucheurs volontaires » ont pénétré le 17 août les locaux de l'Inra de Col-mar, pour une « inspection citoyenne » à la recherche de vignes OGM, selon l'un d'entre eux. « On va aller regarder dans les serres s'il y a des pieds de vignes OGM, comme ceux qu'on avait fauchés il y a cinq ans », a indiqué Dominique Delort, membre du collectif. « Si on en trouve qui ne sont pas en milieu confiné, on va faire établir un constat d'huissier. » L'Inra a dénoncé des « intrusions régulières » visant ses expérimentations OGM, aujourd'hui « quasi nulles » et supprimées au champ.

Le photovoltaïque est de nouveau « attractif » pour les fermes agricoles

L'entreprise SolarWatt, leader du photovoltaïque en France, « se mobilise pour permettre aux agriculteurs de saisir l'opportunité de la revalorisation du tarif d'achat », selon un communiqué de l'entreprise, le 17 août. Depuis le 26 juin, un arrêté du ministère de l'Ecologie revoit à la hausse les tarifs d'achat de l'électricité photovoltaïque pour les installations inférieures à 100 kWc (unité de puissance d'un panneau solaire). Ainsi, il sera de 13,95 c€/kWh pour les installations de moins de 36 kWc et de 13,25 c€/kWh pour celles comprises entre 36 et 100 kWc. Pour SolarWatt, cette décision « relance l'intérêt économique des installations photovoltaïques sur toitures agricoles à court terme ».

Biodiversité : l'examen du projet de loi au Sénat reporté à janvier

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a indiqué, le 18 août, que le projet de loi sur la biodiversité serait inscrit à l'ordre du jour du Sénat en janvier, et non cet automne comme prévu. « Cette loi sera votée, elle sera inscrite au mois de janvier », a déclaré Mme Royal au cours d'une conférence de presse. Cet automne, « c'est très court, il va y avoir la session budgétaire », a-t-elle expliqué. En juin, l'examen du texte en séance plénière au Sénat avait été reporté à l'automne, après un parcours de près d'un an à l'Assemblée nationale en première lecture. Des ONG environnementales comme la Fondation Nicolas Hulot et Humanité et Biodiversité avaient alors déploré ce report, s'interrogeant sur « la place de l'écologie au gouvernement ».

Allemagne : net recul des récoltes attendu en 2015

Les principales récoltes allemandes devraient afficher une nette baisse en 2015, notamment à cause de la sécheresse, a prévenu le 18 août la fédération d'agriculteurs DBV. Dans le détail, les récoltes céréalières tomberaient à quelque 46,5 Mt, soit une baisse de 11 % par rapport à 2014, année record, d'après un communiqué. Le colza, les fruits et légumes sont également pénalisés par les fortes chaleurs et l'assèchement des sols, ajoute la DBV. Exemples avec les pommes, dont la récolte est attendue en repli de 21 % sur un an, à 885 000 t, tandis que les rendements des exploitations d'asperges ont enregistré à l'issue de la saison un repli de quelque 5 % sur un an, pour un volume de 108 000 t. « Le résultat moyen des récoltes masque les problèmes dramatiques des exploitations dans les régions les plus touchées par la sécheresse », selon le président Joachim Rukwied. Dans certains territoires, comme en Bavière (sud), Hesse ou Rhénanie-Palatinat (ouest), la récolte du blé a ainsi reculé de 15 % à 30 %.

Betteraves : un décrochage des rendements un peu moindre qu'initialement prévu

Les deuxièmes prélèvements des sucreries montrent un décrochage des rendements de betteraves, à cause du stress hydrique, un peu moindre qu'initialement prévu, selon les résultats diffusés le 19 août par le Syndicat national des fabricants de sucre (SNFS). Au 17 août, le poids des racines affiche 59,791 t/ha (46,659 t/ha lors des premiers prélèvements) contre 74,687 t/ha l'an dernier (61,780 t/ha) et 61,361 t/ha en moyenne quinquennale (48,388 t/ha) à la même date. La région Champagne-Alsace figure en queue de peloton, avec des betteraves à 50,494 t/ha, derrière la Picardie à 56,884 t/ha. Le Bassin Parisien-Sud de Paris-Auvergne cavale en tête avec un poids des racines à 68,503 t/ha, suivi par le Nord-Pas-de-Calais à 67,092 t/ha et la Normandie à 66,204 t/ha. Le rendement en sucre apparaît inférieur à celui de l'an dernier, avec 10,565 t/ha contre 11,662 t/ha en 2014 au même moment. Mais il dépasse la moyenne quinquennale, à 10,056 t/ha.

Porc : la production chinoise prévue en très forte baisse en 2015

La Chine, premier cheptel porcin mondial, va connaître une baisse « incroyable » de sa production d'environs 3,7 Mt (-6,5%) au cours de l'année 2015, prévoit Rabobank dans une note de conjoncture parue le 19 août. « La baisse étonnante des cheptels de truies et de porcs chinois va avoir un effet sur l'ensemble du marché mondial durant la fin de l'année 2015 et 2016 », estime la banque néerlandaise. Durant les 18 derniers mois, le cheptel chinois a baissé d'environ 100M de porcs, « soit l'équivalent des secteurs américain, canadien et mexicain réunis ». Sur 2015, cette baisse serait compensée par une hausse des importations de 600 000 tonnes. Le Canada, les États-Unis et l'UE sont les mieux placés sur ce marché. Depuis le début de l'année (janvier-mai), les exportations européennes vers la Chine ont progressé de 100 000 tonnes.

Photovoltaïque : le gouvernement met le paquet sur les installations au sol

L'appel d'offres public sur le photovoltaïque lancé en septembre 2014 va être doublé, soit 400 MW de puissance supplémentaire, indique le ministère de l'Ecologie, le 20 août. Ce doublement concerne les projets d'installations au sol (et non les toitures) qui ont suscité de nombreuses candidatures. Il y a eu « une très forte souscription pour les lots de surfaces au sol », explique-t-on au ministère. Ainsi, « on peut imaginer des agriculteurs qui se regroupent – comme pour les méthaniseurs – pour faire des champs solaires au sol », commente Damien Mathon, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables. Mais il faut des « grandes surfaces ».

La Bretagne, plus important bénéficiaire du fonds d'allègement des charges

En 2015, la Bretagne, avec un montant de 6,82M€, est le plus important bénéficiaire du fonds d'allègement des charges (Fac) à destination des éleveurs, abondé fin juillet dans le cadre du plan de soutien à l'élevage. Les modalités de mise en œuvre du Fac ont été publiées au bulletin officiel du ministère de l'Agriculture le 20 août. Arrivent ensuite les Pays-de-la-Loire (5,69M€), l'Auvergne (5,48M€) et Midi-Pyrénées (4,52M€). La région Paca est la plus mal lotie avec 256k€. L'enveloppe globale du Fac monte à 51,3M€. Selon l'instruction technique, « si la totalité d'une enveloppe régionale n'est pas utilisée, la partie non utilisée pourra être attribuée en tout ou partie à d'autres régions ». À la suite du travail effectué en cellule d'urgence, les Draaf devront transmettre au plus tard le 15 septembre « une estimation départementale du nombre de dossiers éligibles ainsi qu'une évaluation des crédits nécessaires ». Les agriculteurs auront jusqu'au 30 décembre, au plus tard, pour déposer leur demande d'aide à la DDT qui aura jusqu'au 31 mars pour transmettre les dossiers à FranceAgriMer. Un contrôle administratif de ces dossiers sera effectué par FranceAgriMer qui aura la possibilité de demander des pièces complémentaires à l'agriculteur.

Safer : les modalités de rétrocession des terres et d'attribution des DPB publiées au JO

En application de la loi d'avenir agricole du 13 octobre 2014, un décret publié au Journal officiel du 20 août vient définir les modalités de rétrocession conjointe de terrains à vocation agricole et de droits à paiement de base (DPB) lorsque la Safer a préempté l'ensemble. Ainsi, le décret, qui entrera en vigueur au 21 août, précise que la Safer devra indiquer, dans son appel à candidature, que les terrains et les DPB attachés seront cédés conjointement. En l'absence de candidat pour la totalité des terrains, la Safer peut procéder à une cession par lot. Auquel cas, les DPB seront cédés selon une répartition proportionnelle à la valeur de chacun des lots. Il en va de même lorsque plusieurs preneurs exploitent un terrain cédé à un acquéreur non exploitant. Enfin, en l'absence de preneur, les DPB attachés sont transférés à la réserve.