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L’essor du commerce équitable freiné par l’inflation

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La consommation de produits équitables est en berne après des années de croissance. Pour la relancer, le collectif Commerce équitable France propose, entre autres, des mesures fiscales.

Ces derniers mois, les ventes de produits issus du commerce équitable « ne sont pas au rendez-vous », constate amèrement Julie Maisonhaute, déléguée générale adjointe du collectif Commerce équitable France. L’organisation qui regroupe une trentaine d’acteurs (marques, labels, ONG…) appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures pour relancer la consommation, mise à mal par l’inflation. Les chiffres de 2022 ne sont pas encore consolidés, mais elle anticipe « un arrêt de la croissance ou une baisse » des ventes. Après des années de croissance du marché – les ventes de produits équitables ont quadruplé entre 2014 et 2021 –, la dynamique a « brutalement changé ».

Pour redynamiser le marché, le collectif demande aux pouvoirs publics de « clarifier le périmètre des labels » en encadrant l’usage d’allégations évoquant le commerce équitable. Ces dernières « brouillent » le message pour le consommateur, soulève Julie Maisonhaute.

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TVA différenciée, subventions, restau co…

Des mesures pourraient également être prises pour « rééquilibrer la compétitivité prix en faveur des produits durables », avance Commerce équitable France, comme des dispositifs fiscaux, une TVA différenciée ou encore des subventions plus importantes. Avec l’inflation, l’écart de prix en rayon entre les produits équitables, et notamment les produits bio, et les produits conventionnels a tendance « à se réduire, voire à basculer », note la déléguée générale, Julie Stoll. Cependant, les « gains en compétitivité » des produits équitables « plus proches des prix réels » ne se retrouvent pas forcément dans le prix final à cause des négociations commerciales « extrêmement dures » avec la grande distribution, nuance-t-elle. Autre phénomène observé en bio et produits équitables, celui du déréférencement. Redoutant une baisse des ventes, les distributeurs retirent ces produits des rayons ou les mettent moins en avant.

Afin de relancer la consommation, le collectif appelle la restauration collective à « faire sa part ». En effet, les produits du commerce équitable sont encore peu représentés sur ce marché, malgré leur intégration dans les objectifs fixés par la loi Egalim 1 (50 % de produits durables dont 20 % de bio) en août 2021. « Les collectivités et les plateformes des fournisseurs ont du mal à s’y mettre », constate Julie Stoll. Les produits français notamment sont encore méconnus des acheteurs publics. Pourtant, « toutes les catégories de produits sont représentées : les légumineuses, la viande, les produits laitiers, les fruits et légumes… », met en avant la déléguée générale. Pour aller plus loin, Commerce équitable France recommande, par ailleurs, de soumettre les distributeurs aux mêmes contraintes que la restauration collective.

« Rééquilibrer la compétitivité prix en faveur des produits durables »