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L’État augmente le plafond d’abattage de loups

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Le quota de prélèvements de loups a été relevé par les pouvoirs publics le 19 octobre dernier. Pas suffisant pour la Confédération paysanne, qui appelle l’État à lier ce chiffre à celui des attaques de troupeaux.

La décision était attendue par les éleveurs. La préfecture de la région Auvergne Rhône-Alpes, qui pilote le Plan Loup au niveau national, a annoncé le 19 octobre sa décision de relever de 43 à 51 le nombre d’abattages de loups autorisés pour l’année 2018 sur le territoire français. Dans un arrêté daté du 16 octobre, elle autorise ainsi le « prélèvement » de « huit spécimens » supplémentaires, « correspondant à 2 % de l’effectif moyen de 430 loups estimés ». Le précédent plafond avait été dépassé en juin dernier, suite à la découverte des restes d’un canidé dans le massif du Glandasse, dans le Haut-Vercors. Après des examens toxicologiques, les autorités avaient en effet révélé que l’animal était mort empoisonné par des produits chimiques, ce qui écartait la piste d’une mort naturelle. Le quota étant atteint, la Direction régionale de l’environnement (Diren) avait immédiatement ordonné la « suspension de tous les tirs ».

Un nouveau ministre qui « comprend les problèmes des agriculteurs »

C’est désormais chose faite. Mais malgré cette annonce, la Confédération paysanne (Conf') reste inquiète. Elle demande à indexer le plafond d’abattage à la fréquence des attaques de troupeaux. « Huit prélèvements en plus ce n’est pas assez, on va se retrouver devant le même problème dans quelques semaines », regrette ainsi Thomas Vernay, spécialiste du Plan Loup au sein du syndicat. La rencontre entre Laurent Pinatel, le porte-parole de la Conf', et le nouveau ministre de l’Agriculture Didier Guillaume le 22 octobre, semble cependant avoir jeté de nouvelles bases pour le dialogue entre l’État et les éleveurs. À l’issue d’une heure d’entretien, Laurent Pinatel a en effet estimé avoir trouvé, sur le sujet des prédateurs, une personne « qui comprend les problèmes des agriculteurs ». « Nous sommes tombés d’accord assez rapidement, le problème principal n’est pas le nombre de tirs autorisés par an, mais de diminuer la pression de prédation, éliminer les loups qui posent problème », a-t-il commenté.

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Au 30 septembre 2018, le nombre d’animaux victimes ou supposés victimes d’attaques de loups s’élève à 9173, contre 8 988 en 2017 à la même date. Pendant ce temps, le nombre de meutes de loups aurait augmenté de 16 %, selon le suivi estival de 2018. Le plan Loup vise pour le moment une population de 500 canidés sur le territoire d’ici 2023.

« Huit prélèvements en plus, ce n’est pas assez »