Alors qu'une session de négociation du Comité de l'OMC sur l'agriculture est annoncée pour la semaine du 22 mars, le représentant américain pour le commerce, Robert Zoellick, a estimé, le 20 février à Genève, qu'il fallait «tenter de fixer à fin juillet un objectif d'accord sur les modalités» de l'ensemble des pourparlers du cycle de Doha «que nous avons débattues à Cancun». Selon lui, un tel compromis pourrait se traduire durant l'été par une réunion du Conseil général (exécutif) de l'organisation, éventuellement en présence des ministres des 146 pays membres. «Je suis totalement d'accord» avec M. Zoellick, «nous devons bouger lors de ce semestre (...) et nous n'aurons pas beaucoup de chance d'arriver à un accord à l'OMC si nous reportons la définition des modalités au second semestre de cette année», a déclaré pour sa part le même jour Franz Fischler, le commissaire européen à l'agriculture, à Washington à l'issue de deux journées d'entretiens avec des responsables américains. «Il faut faire en sorte que ce que nous aurions dû faire à Cancun soit réalisé avant la pause d'été», a-t-il ajouté.
«L'agriculture est absolument la clé» des négociations du cycle de Doha, a répété le représentant américain au commerce, qui a adressé en début d'année une lettre à ses homologues des pays membres de l'OMC pour proposer la fixation d'une date pour l'élimination des subventions aux exportations dans ce secteur, sans la préciser. «Afin d'aider l'Union européenne, les Etats-Unis peuvent accepter d'éliminer l'élément subventions de leurs crédits à l'exportation (...). Mais je pense qu'il est raisonnable de s'attendre à ce que l'UE le fasse de façon progressive. S'ils peuvent accepter de dire qu'ils élimineront toutes les subventions à l'exportation mais que le calendrier pourra en être déterminé durant les négociations, cela leur donnera peut-être une marge de manoeuvre pour avancer», a souligné M. Zoellick à Genève.
«Nous sommes prêts à réduire de façon très importante les aides internes, mais j'ai besoin que l'Europe et le Japon en fassent autant et se rapprochent de nos chiffres», a-t-il ajouté.
A Washington, M. Fischler a estimé, à propos de la lettre du représentant américain, dont il s'est félicité, qu'il faudrait maintenant commencer à «discuter réellement de ce qu'il faut mettre dans la liste des subventions à éliminer». «C'était peut-être plus simple pour (M. Zoellick) d'avancer l'exemple des subventions européennes qui sont présentées sous une forme plus explicite» que les subventions américaines, a-t-il ajouté.
Le groupe de Cairns veut une date précise pour la suppression des subventions
Le groupe de Cairns (18 pays exportateurs agricoles) a appelé le 25 février les Etats-Unis, l'UE et le Japon à contribuer à la fixation dans les prochains mois d'une date précise pour la suppression de toutes les formes de subventions aux exportations agricoles. A l'issue de leur 26ème réunion ministérielle, qui avait débuté le 23 février à San José (Costa Rica), ils ont «lancé un appel à l'Europe aux Etats-Unis et au Japon, à qui il revient de montrer leur leadership, à traduire dans les faits leur engagement de mettre en oeuvre scrupuleusement le mandat» de Doha de libéraliser le commerce agricole mondial.
«Il n'est pas nécessaire d'identifier une liste de produits sur lesquels les subventions à l'exportation devraient être éliminées. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est un engagement à négocier une date définitive de suppression des subventions à l'exportation sur tous les produits», indique le communiqué final.
Le Groupe de Cairns a également prévu de travailler «activement» avec les autres groupes au sein de l'OMC, en particulier avec le G-20, afin de coordonner leurs actions pour atteindre cet objectif.
Le G-20 - groupe des pays émergents et en développement hostiles aux subventions agricoles formé à l'occasion de la conférence de Cancun en septembre dernier - rassemble le Nigeria, la Tanzanie, le Zimbabwe, l'Afrique du Sud, l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Chine, Cuba, l'Egypte, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, le Paraguay, le Venezuela, les Philippines et le Pakistan.
Sucre: propositions de M. Fischler «avant l’été»
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Devant la presse à Washington, Franz Fischler a confirmé qu'il proposerait, «avant l'été prochain», des propositions «visant à centrer sur le marché le régime communautaire applicable au sucre». L'objectif est aussi de rendre celui-ci «plus respectueux des échanges commerciaux», a ajouté le commissaire européen à l'agriculture.
Viande porcine: plainte de l’Australie à Bruxelles
Le ministre australien de l’agriculture, Warren Truss, a annoncé le 26 février qu’il s’était plaint auprès du commissaire européen Franz Fischler de la réintroduction, en janvier, de restitutions pour les exportations communautaires de certaines découpes de viande porcine. Soulignant que de telles subventions risquent de perturber encore plus un marché mondial dejà problématique, il a demandé que celles-ci soient immédiatement suspendues vers l’Australie et que l’UE s’engage à abolir toutes ses aides à l’exportation dans le cadre des négociations de l’OMC. «Nous avons plusieurs options pour chercher à compenser d’éventuels dommages sur le marché australien dus à de telles mesures de soutien», a averti M. Truss.
En 2003, la Communauté a exporté quelque 20 000 tonnes de viande porcine en Australie, pays où la production devrait atteindre 423 000 tonnes en 2003/04, dont 61 000 tonnes destinées à l’exportation.
Menace de rétorsions de l’UE contre les Etats-Unis
Les arbitres de l'OMC ont accepté le 24 février une demande de l'UE visant à l'autoriser à imposer des sanctions contre les Etats-Unis qui n'ont pas mis en conformité avec les règles internationales leur loi antidumping de 1916. Ces mesures devraient prendre la forme d'un régime spécifique applicable aux importations en provenance de ce pays qui font l'objet d'un dumping, et similaire à la législation américaine. L'UE peut désormais les déclencher à tout moment, mais Bruxelles espère qu'une action rapide du Congrès rendra inutile leur adoption.
(FXS)
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