Quelques jours après la présentation du plan « automobile » par le président de la République, la filière de l’éthanol demande à être davantage associée à la décarbonation des transports, aux côtés d’autres solutions de transition énergétique et de réduction d’émissions de CO2. Elle propose que la réglementation prenne en compte le caractère renouvelable du carbone dans les plafonds d’émissions que doivent respecter les constructeurs automobiles.
Au moment où le gouvernement, à travers son plan « automobile », souhaite relancer la filière automobile en favorisant l’achat de véhicules moins émetteurs de CO2, la filière de l’éthanol donne de la voix pour que la réglementation reconnaisse davantage les bénéfices environnementaux d’un carburant renouvelable. Le plan automobile prévoit le développement des véhicules 100 % électriques et des véhicules hybrides rechargeables, mais « omet de le compléter par des solutions de mobilité durable locales et d’intérêt stratégique », réagit la collective du bioéthanol dans un communiqué diffusé le 29 mai.
Pas assez d’incitation au flex-fuel E85
La filière du bioéthanol déplore que les constructeurs « ne soient pas suffisamment incités à développer » des versions de véhicules flex-fuel E85 par la réglementation européenne, « qui mesure le CO2 seulement en sortie de pot d’échappement ». À ses yeux, « une juste mesure doit prendre en compte également » les versions de véhicules « liées à l’énergie utilisée, qu’il s’agisse de carburants fossiles, renouvelables ou d’électricité, et celles provenant de la production de la batterie des véhicules électriques et hybrides ». Pour l’instant, la réglementation « ne pose pas la question de savoir d’où vient le carbone », qu’il soit renouvelable ou non, a résumé, en marge du communiqué, le SNPAA (producteurs d’alcool agricole), une composante de la collective du bioéthanol.
Cette dernière propose le calcul du bilan-carbone complet (en analyse de cycle de vie des véhicules). « La prise en compte de ce bilan en analyse de cycle de vie mettrait sur un pied d’égalité les différentes technologies et reconnaîtrait la contribution du bioéthanol à la décarbonation du secteur automobile », précise-t-elle. La filière est confiante quant à des avancées de la réglementation dans le sens des analyses de cycle de vie : « Les constructeurs sont demandeurs de ce changement au niveau européen », ajoute le communiqué. La filière appelle donc le gouvernement « à jouer un rôle moteur dans l’évolution de cette réglementation européenne ».
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Pour une prise en compte du bilan-carbone complet d’un véhicule
Encourager le développement de l’E85
La filière du bioéthanol demande au gouvernement d’encourager le développement de l’E85, « produit localement par des bioraffineries », rappelle la collective dans son communiqué. Elle propose plusieurs mesures allant dans ce sens :
- Accorder une prime à la conversion de 200 € aux ménages modestes qui font installer un boîtier de conversion E85 homologué par l’État sur un véhicule essence.
- Réduire la TVS sur les véhicules neufs équipés de moteur flexfuel-E85 dont les émissions sont inférieures ou égales à 120 g de CO2 (cycle NEDC), en appliquant un abattement de 40 % sur les émissions, pour inciter les constructeurs automobiles à développer des véhicules flex-fuel E85, notamment hybrides.
- Classer en pastille « Crit’Air 1 » (certificat de qualité de l’air, obligatoire pour circuler lors d’un pic de pollution) les véhicules flex-fuel E85, comme c’est le cas pour les véhicules associant essence et gaz.