Abonné

OGM L’étude Séralini déboutée, deux questions restent posées

- - 4 min

Les avis rendus par l’Anses et le HCB réfutent les conclusions de l’étude Séralini sur le maïs OGM NK603 et le Roundup. Mais les deux structures reprennent l’idée de mener des études de toxicité à long terme. Avec des objectifs toutefois différents.

Les deux analyses convergent. L’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, et le HCB, le Haut Conseil des biotechnologies, ont publié leur avis, le 22 octobre, sur l’étude dirigée par Gilles-Eric Séralini portant sur le maïs OGM NK603 et le Roundup. Deux avis qui pointent les faiblesses de ces travaux. Ils concluent que les données et la façon dont elles ont été obtenues ne permettent pas de soutenir les conclusions et interprétations des auteurs. Cette étude ne remet donc pas en cause les évaluations menées pour l’autorisation de cet OGM. « Il n’y a donc pas lieu de revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et à l’herbicide Roundup », a d’ailleurs conclu le ministère de l’Agriculture.
 
Une question posée à la recherche
Pourtant, les deux agences prennent acte des questions que soulève la polémique liée à cette étude. D’abord, sur les études de toxicité à long terme. Le Conseil économique éthique et social du HCB a voté à l’unanimité une recommandation : la réalisation d’une étude de long terme sur « les conséquences sanitaires potentielles de cette plante génétiquement modifiée ». Une étude qui devra, selon le HCB, être indépendante, contradictoire, associant les parties prenantes, et si possible Gilles-Eric Séralini, sous l’égide des pouvoirs publics. Le but : obtenir « des résultats incontestables et qui ne laissent pas de doutes dans l’esprit des citoyens ».
L’Anses demande, quant à elle, des études sur les effets à long terme des OGM associés à des pesticides. En effet, elle n’a pu dénombrer que trois études de ce genre au monde, dont celle de Séralini. Plus généralement, l’Anses « appelle la mobilisation de financements publics » pour réaliser des études importantes sur l’évaluation des risques sanitaires « insuffisamment documentés », dont les effets cocktails de substances.
 
L’évaluation de nouveau en question
Enfin, le HCB s’interrogera, avec l’Anses, « dans les mois à venir » sur l’évolution possible des processus d’évaluation des risques toxicologiques liés aux OGM. Le gouvernement, lui aussi, a réagi sur ce sujet. « Il faut une nouvelle directive dans ce domaine avec, comme question centrale la durée des tests de toxicité », a affirmé Stéphane Foll le 22 octobre. Il juge trop courte la duré de 90 jours, généralement pratiquée aujourd’hui. Le Premier ministre souhaite par ailleurs que soit portée au niveau européen « la demande du gouvernement d’une remise à plat du dispositif communautaire d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides ».
 
Un règlement européen déjà en préparation
Cette volonté affichée aura peut-être quelque difficulté à s’insérer dans le calendrier européen. En effet, la Commission européenne est en train de finaliser une proposition de règlement qui rendrait obligatoires les tests à 90 jours pour les demandeurs d’autorisation de mise sur le marché. Le projet de règlement est actuellement transmis aux États membres. Hormis une légère réticence bulgare, aucun État ne s’est, pour l’instant, montré opposé à cette durée. Ce projet de la Commission reprend d’ailleurs des recommandations portées par l’Anses, dans un avis rendu en 2011 sur le renforcement des « conditions de mise en œuvre des études sub-chroniques à 90 jours ». Le texte doit encore passer devant le Conseil et le Parlement européen.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

toxicité
Suivi
Suivre
sécurité sanitaire
Suivi
Suivre