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Viticulture L’euro fort pénalise les exportations de vins selon les Vignerons indépendants

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Le cours élevé de l’euro a joué un rôle important dans la baisse des ventes de vins français en dehors de la zone euro, estiment les Vignerons indépendants. Une étude réalisée par le syndicat montre que la France n’a pas su s’adapter à la hausse de l’euro contrairement aux Italiens et aux Espagnols.

La force de l’euro par rapport au dollar ou à la livre sterling a joué un rôle négatif sur les exportations de vins français ces dix dernières années, montre une étude menée par les Vignerons indépendants de France (VIF) présentée mercredi 14 avril. L’analyse réalisée sur la période 2000-2008 révèle, de manière générale, une forte corrélation entre l’augmentation de l’euro par rapport aux autres devises et la baisse des volumes de vins français exportés aux États-Unis et au Royaume-Uni. « Nos exportations sont en berne, mais historiquement cela n’a jamais été notre cheval de bataille », admet Thomas Montagne, secrétaire général du syndicat. Cependant, depuis quelques années, la France perd des parts de marchés par rapport à ses concurrents. Entre 2008 et 2009 les exportations françaises ont chuté de 19% en volume et de 9% en valeur profitant majoritairement aux vins du Nouveau monde. « Souvent on constate que l’effet du taux de change vient renforcer des tendances de fond », précise Thomas Montagne.

Cas particulier : le champagne
Le cas des bordeaux expédiés au Royaume-Uni constitue un bon exemple. Entre 2000 et 2008 la parité euro/livre et les quantité exportées évoluent de manière opposée. La forte augmentation du cours de l’euro durant le premier semestre 2008 s’est traduite par une chute immédiate des ventes. Bien sûr, d’autres facteurs plus structurels interviennent également : la politique de prix pratiquée par le pays, les campagnes de communication, la qualité des vins, l’adaptation du produit au goût du consommateur… Mais, sur la majorité des catégories de vins, le lien entre taux de change et volumes commercialisés est fort. Cas particulier : le champagne dont les ventes ont progressé jusqu’en fin d’année 2007 malgré l’augmentation des prix et le renchérissement de l’euro, mais qui a connu un retournement de tendance par la suite. Pour le directeur des VIF, Julien Dourgnon, les champagnes avaient atteint un seuil critique renforcé par le niveau très élevé de l’euro.

Les 35 heures
À noter que d’autres pays exportateurs de la zone euro comme l’Espagne et l’Italie subissent moins cette influence. Il semblerait qu’ils adaptent mieux leurs tarifs en fonction du taux de change. Une prochaine étude des VIF devrait apporter plus d’éléments sur cette question. « Seule la France dans la zone euro a augmenté fortement le prix de ses vins », souligne Christophe Chevré, directeur du pôle développement des entreprises. Thomas Montagne avance une explication. Selon lui, si la France a été incapable d’ajuster ses prix c’est à cause « des 35 heures » qui dans les petites entreprises viticoles très gourmandes en main d’œuvre ont entraîné un manque de souplesse. Afin qu’à l’avenir les viticulteurs français puissent mieux adapter leur stratégie à la situation économique internationale, les Vignerons indépendants demandent donc que les pouvoirs publics mettent en place des indicateurs de prospective. « L’administration a trop tendance à regarder dans le rétroviseur plutôt que vers l’avant et au sein de la filière il y a beaucoup trop d’interprofessions et pas assez de communication entre elles pour établir une politique nationale », regrette Thomas Montagne.

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