Dans le cadre du second congrès international du chou-fleur (1) organisé les 10 et 11 décembre à Saint-Pol de Léon (Finistère), les intervenants ont décrypté le marché européen et pointé du doigt quelques-unes de ses imperfections. Qui sont évidemment très différentes, selon la place qu'on occupe dans la filière.
L'Europe a produit l'an passé 1,245 million de tonnes de choux-fleurs sur 81 200 hectares. Il s'agit d'une production majoritairement d'automne et d'hiver (782 000 t). Tout le monde ou presque cultive du chou-fleur sur le Vieux Continent. Mais ce sont les Français qui dominent la production, et plus spécialement les Bretons. Ils concentrent 85 % de la production de l'Hexagone. La France a produit l'an passé 300 000 tonnes de choux-fleurs. Les 1200 producteurs bretons les taillent et les conditionnent directement au champ. Du fait d'une densité de 10 000 à 12 000 plants par hectare, les Français récoltent d'octobre à avril des choux-fleurs de calibre 6. S'ils sont moins organisés que les Bretons, les Italiens sont des cultivateurs traditionnels de choux-fleurs. Et de redoutables challengers. Leur production (275 000 t) arrive juste derrière celle des Français. Mais elle peut varier assez fortement, selon les années. Le troisième grand pro-ducteur, la Pologne produit 210 000 tonnes, l'Espagne 140 000 tonnes, la Belgique un peu plus de 90 000 tonnes, principalement pour l'industrie.
Un atout pour l'exportation
Cette grosse production de légumes fait évidemment l'objet d'un large commerce international. En Europe, mais pas au-delà de la Russie. Pour la France, les exportations de choux-fleurs (165 000 tonnes) constituent même le premier excédent commercial de toute la filière légumes. Les plus grands importateurs de choux-fleurs en Europe sont le Royaume-Uni et l'Allemagne. Leur production ne suffit pas à nourrir leur population. Ils ont aussi fait des choix spécifiques, les Britanniques par exemple produisent beaucoup de brocolis. Sur le marché allemand, premier client de la France, les Français ont répondu à toutes les exigences de leurs clients. Exemple : il n'est pas possible de vendre des choux-fleurs outre-Rhin sans une certification Global Gap. Sur ce marché, la Bretagne « est moins éloignée de l'Allemagne que l'Espagne ou l'Italie qui comptent un jour de camion en plus pour nous livrer », explique Claude Friederich, représentant d'une entreprise de négoce en fruits et légumes, Kölla.
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Pas de régulation
Qu'ils soient importateurs ou acheteurs de la grande distribution, tous disent manquer de prévisions d'apport qui leur permettraient d'annoncer les volumes et plus facilement de contractualiser. Ils déplorent aussi la fixation quotidienne du prix du chou-fleur au marché au cadran qui les empêche, disent-ils, de proposer un prix fixe à la semaine ou à la quinzaine. Tout en reconnaissant la qualité de la production française et la régularité de ses apports. D'un sourire entendu, Joseph Rousseau, président du Cerafel, répond que « la Bretagne croit fortement au système qui met face à face l'offre et la demande ». Sur tous les marchés européens, les observateurs constatent un vieillissement marqué des consommateurs de choux-fleurs. En France, les deux tiers des consommateurs ont plus de cinquante ans. Aussi Carrefour envisage-t-elle « de contractualiser sur une offre de choux-fleurs pré-découpés pour recruter des consommateurs jeunes, dans l'esprit snacking. » (FJ)
(1) La Belgique a organisé le premier congrès international du chou-fleur il y a quatre ans. Cette année en Bretagne, 280 personnes assistaient aux conférences du congrès co-organisé par le CTIFL et le CERAFEL, association d'organisations de producteurs. Des producteurs, techniciens, représentants de firmes semencières, etc. venus de France, d'Allemagne, de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Italie, de Hollande, de Russie et même des Etats-Unis.